Algérie-Maroc: une tension de plus dans des relations peu cordiales

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MESSAHEL
ALGIERS, ALGERIA - JULY 22: Algeria's Minister Delegate for Maghreb and African Affairs Abdelkader Messahel speaks during an international conference on the fight against extremism and de-radicalization held Wednesday on July 22, 2015 in Algiers with representatives from more than fifty countries and specialized international organizations. (Photo by Bechir Ramzy/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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La crise latente des relations Algéro-marocaines a été dopée par les propos tonitruants de Abdelkader Messahel, chef de la diplomatie algérienne devant les entrepreneurs du FCE hier à Alger sur les liens présumés entre les institutions bancaires marocaines et le blanchiment de l'argent de la drogue.

Les autorités marocaines ont convoqué le chargé d'affaires algérien à Rabat et exigé des explications sur les déclarations du ministres des AE algérien. Il lui a été signifié "le caractère irresponsable, voire "enfantin", de ces déclarations, émanant de surcroît du chef de la diplomatie algérienne, censé exprimer les positions officielles de son pays au niveau international", selon les termes du communiqué largement relayé par la presse marocaine.

L’ambassadeur du royaume du Maroc à Alger à été également convoqué pour consultations.

La diplomatie marocaine estime que "les propos tenus par le Ministre algérien sur des institutions bancaires et la compagnie aérienne nationale, témoignent d’une ignorance aussi profonde qu’inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l’aviation civile, tant à l’échelon national qu’international".

Pour les Marocains "ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays, et qui touchent de larges franges de la population algérienne, notamment la jeunesse". Et d'ajouter "l’engagement pour l’Afrique ne peut être réduit à une question de ressources financières, sinon l’Algérie avec ses pétrodollars aurait pu réussir. Il s’agit plutôt d’une vision claire, volontariste et agissante, ayant foi dans les pays et peuples frères de l’Afrique et investissant en un avenir commun à leur côté".

Plus tôt dans cette journée du 20 octobre, Abdelkader Messahel a accusé le Maroc de "blanchir l’argent du haschisch en Afrique". "Le Maroc recycle en réalité l’argent du haschisch via ses banques dans le continent", a accusé Messahel, lors de "son débat" avec les chefs d’entreprises.

Le chef de la diplomatie algérienne a ajouté que les compagnies marocaines opérant vers les pays africains "ne transportent pas uniquement des voyageurs".

"Il y a des dirigeants africains qui le reconnaissent", a-t-il encore souligné pour les assurer que le Maroc n'est pas l'exempleà suivre pour l’investissement en Afrique. "L’Algérie n’est pas le Maroc", a-t-il soutenu. "Beaucoup parlent de la présence marocaine sur les marchés africains, en réalité, il n’y a rien (makayn walou)", a-t-il dit avant d'ajouter "tout le monde sait que le Maroc est une zone de libre-échange ouverte aux compagnies étrangères pour ouvrir des usines et employer quelques marocains".

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