Trois millions d'Américains portent quotidiennement une arme chargée

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ARMED GUN
Tucked in a belt pistol being concealed | koi88 via Getty Images
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ÉTATS-UNIS - Le chiffre n'est pas anodin, surtout quand on sait que les États-Unis sont le pays où se produit le plus grand nombre de massacres dans des écoles, des concerts et des lieux de travail. Trois millions d'Américains, pour la plupart des hommes jeunes vivant dans le sud des États-Unis, portent quotidiennement une arme à feu chargée et citent comme raison leur protection, selon une étude publiée jeudi 19 octobre dans l'American Journal of Public Health.

Ce nombre atteint neuf millions sur une base mensuelle selon l'étude, la première depuis une vingtaine d'années à analyser les habitudes concernant le port d'armes par les citoyens ordinaires.

"C'était important d'étudier cette question car environ 90% de tous les homicides et agressions non-mortelles pour lesquels le type d'arme est connu sont commis avec une arme de poing", explique Ali Rowhani-Rahbar, professeur adjoint d'épidémiologie à la faculté de santé publique de l'Université de Washington et principal auteur de cette étude.

10% portent leur arme de façon visible

Les données utilisées proviennent d'une enquête effectuée en 2015 auprès de 1444 propriétaires d'une arme, un échantillon jugé représentatif au niveau national.

"Comparativement avec les propriétaires d'armes à feu qui ne les portent pas sur eux, ceux qui indiquent en porter sont généralement plus jeunes, souvent des hommes, vivent dans les États du Sud, ont été élevés dans des maisons où il y avait des armes, se considèrent politiquement conservateur et possèdent plus d'une arme", précisent les auteurs.

L'enquête a révélé que 80% des propriétaires d'armes à feu qui les gardent sur eux avaient un permis de port d'armes qui ne les autorise pas à le faire de manière apparente.

Deux tiers ont dit porter leur arme de manière toujours dissimulée, alors que 10% la portent de façon visible.

Le débat sur le port d'armes à feu avait été relancé aux États-Unis après la fusillade de Las Vegas le 1er octobre, lorsque Stephen Paddock avait tiré en rafales depuis le 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, fauchant des centaines de spectateurs d'un concert de musique country, faisant 58 morts. Il détenait 12 fusils pourvus d'un mécanisme, dit "bump stock", permettant de tirer en continu jusqu'à ce que le chargeur soit vide.

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