Stress hydrique: Charafat Afailal dévoile le plan d'action de la commission interministérielle

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CHARAFAT AFAILAL
Charafat Afailal/Facebook
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EAU - Des mesures urgentes. Le Maroc en a grand besoin pour se sortir du stress hydrique. La mission a été confiée à une commission interministérielle, créée sur instruction royale, suite au Conseil des ministres du 2 octobre. Présidée par le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, elle a tenu sa première réunion, hier, pour tracer les lignes des démarches à suivre sur lesquelles devra veiller une commission technique.

Contactée par le HuffPost Maroc, la secrétaire d’État chargée de l’eau, Charafat Afailal, les résume en trois points: cibler les régions, agir sur le terrain, mobiliser les moyens. La clé: le plan national de l’eau qui devra être actualisé. "Il n’est pas question d’apporter des modifications dans le plan national, mais d’actualiser les données. Avant, nous devions agir sur l’échéance de vingt ans. A présent, elle est prolongée à trente ans. Le plan actuel demeure ainsi opérationnel et son échéance se prolongera à 2050", explique-t-elle.

Un prolongement d’échéance visant à mettre en place une politique pérenne contre le stress hydrique. "Nous devons arrêter les dispositions et les actions à mettre en place pour assurer la sécurité hydrique du Maroc d’ici 2050", précise la secrétaire d’État, avant de souligner que "le rôle de la planification dans le secteur de l’eau reste une condition sine qua none pour sa gestion à venir".

Agir par priorité

"Agir à temps", pour la secrétaire d’Etat chargée de l’Eau, c’est le défi à relever avant que "survienne le problème". "Il faut mobiliser les financements nécessaires à temps. Autrement dit, si je veux construire un barrage qui puisse être opérationnel dans cinq années, pour assurer la sécurité hydrique dans une zone donnée, il faut le faire sortir à temps. C’est ce qui nous a toujours manqué", affirme-t-elle.

Des chantiers structurels finissent, ainsi, par attendre des années faute de moyens. "Nous agissons en fonction des finances publiques. Mais, dans le cadre de cette mobilisation, un coup de pouce sera donné aux structures hydrauliques par le budget général et aussi par le recours aux partenaires privés", révèle Charafat Afailal. Prévoir à l’avance les moyens qu’il faut, pour respecter les échéances établies, c’est en cela que consiste la planification aux yeux de la secrétaire d’Etat.

Face au stress hydrique, Charafat Afailal estime que celui-ci est en premier lieu le résultat du changement climatique. "Le Maroc vit le stress hydrique, depuis des années. Et cela est lié aux effets du changement climatique qui se font sentir de plus en plus, mais aussi à la surexploitation anarchique de la nappe phréatique. À cela s’ajoute la succession de deux années de sécheresse qui n’a pas arrangé la situation", constate-t-elle.

Les déficits hydriques qui en résultent frappent plusieurs régions, certaines plus que d’autres. "Ce déficit est plus palpable dans certaines zones, notamment l’Oriental, Oum Rabii, Tensift, et dans le sud-est qui souffre d’une sécheresse structurelle depuis toujours", affirme la secrétaire d’Etat.

Le plan d’action devra privilégier ces zones qui souffrent le plus à commencer par l’Oriental et le sud-est. La province de Zagora située dans celle-ci vit un réel calvaire social lié au stress hydrique. Charafat Afailal tient à rassurer: "cette province fait l’objet de mesures d’urgence. Les travaux de forage de l’Office national d’eau potable et d’électricité sont en cours pour garantir l’accès à l’eau potable à tous les habitants. Les travaux s’achèveront d’ici six mois".

Et d'ajouter: "la commission technique va hiérarchiser les priorités, les projets les plus urgents à réaliser, en matière de renforcement des infrastructures hydrauliques et de dessalement de l’eau". Classés par priorités, selon la gravité du stress hydrique, les délais seront fixés pour chaque projet avant d’être soumis à la commission interministérielle. Et c’est à elle que sera soumise la question du financement. "Ce sera au cas par cas", selon les formules qu'examinera la commission avant adoption par le gouvernement.

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