"Razzia": cinq destinées, un seul combat

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RAZZIA
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Pour la soirée d’ouverture du Cinemed, le public pourra découvrir le film franco-marocain « Razzia » de Nabil Ayouch. Ce film sera projeté ce vendredi, à partir de 20h30, à la salle d’Opéra Berlioz.

Ce film illustre la réalité sociale du Maroc, déchirée entre le passé et le présent. Cinq destins croisées, épris de liberté, y sont présentés.

Abdellah, Salima, Joe, Inès et Hakim sont liés sans le savoir. Pourtant, ils ont tous le même combat, le même rêve : celui de "caresser les étoiles". Un rêve pour lequel l’enseignant Abdellah s’est voué corps et âme avec ses écoliers isolés dans les hautes montagnes de l’Atlas.

Le spectateur est embarqué dans un voyage spatio-temporel. Un va-et-vient entre les années 80 et les revendications des années 2000 au Maroc. Amour impossible, avenir incertain, jeunesse désireuse d’un lendemain meilleur sont les thèmes abordés par Nabil Ayouch.

Ce film est provocateur. Ce n’est pas une première pour le réalisateur, déterminé à briser les tabous dans son pays. On se souvient de son précédent film « Zin li Fik » (Much Loved), et de la polémique qu’il a suscitée. Au point d’être interdit de salles au Maroc.

Pourquoi notre rédaction a aimé ce film:

Nous nous sommes identifiés aux personnes de ce long-métrage. Nous, Algériens, nous avons vécu les mêmes restrictions, relatés dans ce film, dans notre pays il y a quelques années.

Le cinéma de Nabil Ayouch décrit, avec des images simples, la réalité sociale de tout le Maghreb. Dans ce film, nous assistons à une mise à nue et une autocritique de notre propre réalité.

Le choix de ce film pour l’ouverture officielle de la 39e Cinemed n’est pas anodin, tant qu’il met en lumières, la réalité marocaine qui n’est pas si différente de la réalité du reste de l’Afrique du nord, déchirée par la perte de repères et l’altération des identités.

Le tournage de "Razzia" s’est fait dans les montagnes de l’Atlas, dans la ville de Casablanca et en Belgique. Le réalisateur y dévoile la diversité culturelle dont jouit les Marocains. Diversité qui se trouve aujourd’hui menacée par un courant obscurantiste dont les premières victimes sont la femme et l’identité berbère.

Dans "Razzia", le spectateur assiste à des manifestations qui ne sont pas sans rappeler les événements d’"El Hoceima". Ces faits ont eu lieu en octobre 2016 dans la région du Rif. Pourtant, ce film a été tourné au moins deux ans auparavant. De quoi estimer que Nabil Ayouch porte un réel regard visionnaire.

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