Quand le festival de street art, Sbagha Bagha, rhabille les murs de Casablanca (VIDÉO)

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SBAGHA BAGHA
Ibtissam Ouazzani/HuffPost Maroc
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ART - Menton levé et yeux au ciel, c'est comme cela qu'il faudra visiter Casablanca pour admirer les murs de la ville embellis par les artistes du festival de street art Sbagha Bagha. Alors qu’il faisait partie du festival de musique L’Boulevard, Sbagha Bagha s’impose désormais comme un événement à part entière grâce à sa riche programmation prévue jusqu’au 22 octobre. Plusieurs artistes marocains et internationaux ont été invités à habiller différents murs de la ville blanche. Une initiative qui va au-delà de l’esthétique rappelle le co-fondateur de L’Boulevard, Hicham Bahou.

"Après plusieurs années du festival, on a réussi à convertir des artistes qui travaillaient face un écran avec un champ d’exposition très réduit," déclare au HuffPost Maroc Hicham Bahou. "On veut connecter des gens de différentes disciplines, de la BD, de la photo, des sociologues, des anthropologues… le street art n’est donc qu’un prétexte", explique-t-il.

Les casablancais pourront assister aux performances murales de l’artiste marocain Fouad Abid au quartier Sidi Bernoussi, du mexicain CIX MUGRE à Roches Noires, du collectif d’artistes de la bande-dessinée Skefkef au Technopark, et de l’espagnol Nano 4814 au Centre culturel Les Etoiles de Sidi Moumen. De plus, un collectif d’artistes belges CNN 199 a pu dispenser une master-class à l’école des beaux-arts de Casablanca et habiller un des murs du centre.

sbagha bagha

Sbagha Bagha a également invité le monde culinaire pour sa quatrième édition avec la participation de l’artiste espagnol Marina Monsinis, qui a visité le port de Casablanca dans le but d’en savoir plus sur les poissons de la région. Pour compléter ce travail anthropologique qu’elle a déjà mené dans différentes villes d’Europe, l’artiste a travaillé avec les enfants du quartier pour concocter quelques recettes à base de poissons et les aider ensuite à peindre les différents plats sur un des murs du port.

Une expérience qui pourra apporter aux plus petits une autre perspective de parcours et élargir leurs ambitions. "Durant la période pendant laquelle l’un des artistes peint un mur, tous les enfants du quartier viennent regarder et interagir avec l’artiste, et cela peut changer la trajectoire de milliers d’entre eux", espère d'ailleurs Hicham Bahou.

Une compétition de Graffiti clôturera cette semaine de création pour donner la chance aux jeunes talents de s’affronter à coups de bombes de peinture et de pinceaux pendant plusieurs étapes éliminatoires, du 21 au 22 octobre, devant un jury composé de deux membres du collectif CNN 199 et de l’artiste peintre contemporain français Neok Westel. La battle se fera aux côtés d’une performance musicale hip-hop du groupe Block 10.

"Le street art au Maroc a toujours été minoritaire et ne touchait pas un grand nombre de personne, mais aujourd’hui, il est en train de prendre sa place et de se faire sentir", explique Hicham Bahou. "On le voit dans pleins d’endroits et de villes différentes et sa communauté devient de plus en plus forte", assure-t-il.

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