Bagarre au conseil de la ville de Rabat: le PAM et le PJD se rejettent les accusations

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CONSEIL DE LA VILLE
alyaoum24
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CONSEIL DE LA VILLE - Des tables et des chaises cassées, des échanges d’accusations. La réunion du conseil de la ville de Rabat, ce vendredi, s’est transformée en un terrain de combat. Le président du conseil, Mohamed Seddiki, n’a pas réussi à lire son allocution d’ouverture de cette nouvelle session d’octobre. Les principaux protagonistes sont les conseillers du PJD et ceux du PAM.

Selon Lahcen El Amrani, premier vice-président du maire, ce qui s’est passé n’est pas une surprise: "Depuis que nous avons entamé notre fonction au sein du conseil de la ville, nous faisons constamment face aux blocages des conseillers du PAM", déclare-t-il au HuffPost Maroc.

Violation du règlement, c’est la première carte que brandit ce vice-président contre les conseillers du PAM. "Ils ne respectent pas les procédures. C’est au moment du vote qu’on s’exprime par un oui, un non ou par une abstention. Mais eux ne veulent rien savoir. Ils bloquent le conseil en nous disant qu’il ne doit pas avoir lieu", s’insurge-t-il. Et d’ajouter: "Ils cherchent simplement à faire croire que le PJD est incapable de gérer le conseil de la capitale, à prendre des décisions".

A la séance des questions orales prévue ce vendredi matin à la réunion du conseil de la ville, les conseillers du PJD indiquent que leurs collègues du PAM ont dévié les sujets à l’ordre du jour. "L’article 41 du règlement interdit de débattre un point qui ne relève pas des compétences du conseil et/ou n’est pas inscrit à l’ordre du jour de la session. Ils voulaient soulever des sujets relevant de la commune qui n’étaient pas au programme", explique Lahcen El Amrani. Pourtant, "nous n’avons jamais arrêté les points de l’ordre du jour sans les impliquer. Le président leur envoie un courrier dans les délais prévus en les invitant ainsi que l'ensemble des membres de tous les groupes à y participer", ajoute-t-il.

Quant aux accusations, notamment de mauvaise gestion, Lahcen El Amrani ne leur accorde aucune importance: "Ils veulent bloquer le budget, empêcher son adoption au vote. Nous sommes majoritaires et ils savent qu’arriver au vote, c’est adopter le budget".

Les conseillers du PAM, eux, en ébullition, nous donnent leur version des faits. "Le président du conseil de la ville a soulevé des sujets qui n’étaient pas à l’ordre du jour et lorsque nous l’avons signifié, le PJD nous a traité de Baltajia (voyous). Nous ne pouvions pas ne pas agir", confie Driss Errazi, conseiller du PAM. Et de critiquer la gestion du conseil de la ville: "La loi est claire: il faut un programme de travail dès la première année de la constitution du conseil. A sa troisième année, nous n’avons toujours rien et ils viennent pour faire passer le budget sans feuille de route. Cela est inconcevable pour Rabat", s’insurge ce conseiller. Autre critique: "Aucun bilan d’activité n’a été établi. Nous travaillons sans boussole. Nous ne pouvons pas continuer à travailler ainsi avec eux".

Mais pour exprimer leurs critiques, les conseillers du PAM démentent au HuffPost Maroc avoir utilisé les équipements de la salle. "Nous n'avons lancé ni chaises, ni table, c'est leur mise en scène!", s'exclame Driss Errazi.

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