1800 migrants tunisiens ont atteint l'Italie durant le mois d'octobre 2017

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LAMPEDUSA TUNISIANS
People fleeing unrest in Tunisia wait before boarding a cruise liner to a different part of Italy, on the southern island of Lampedusa March 31, 2011. Italian Prime Minister Silvio Berlusconi promised to clear thousands of illegal Tunisian migrants from Lampedusa by the weekend after an outcry over a humanitarian crisis on the tiny southern island. REUTERS/Tony Gentile (ITALY - Tags: POLITICS SOCIETY) | Tony Gentile / Reuters
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Selon le ministère des Affaires sociales, près de 1500 migrants tunisiens ont clandestinement atteint les plages italiennes pendant la première quinzaine d'octobre. Le nombre aurait atteint 1800 jusqu'au 18 octobre dernier. Un chiffre terrifiant dans une période où l'immigration clandestine est au coeur des débats dans le pays.

Les efforts de sensibilisation et de dissuasion, la collision avec un navire militaire qui a fait 46 morts, ou encore le nombre de morts dans les eaux de la Méditerranée depuis le début de l'année, ne semblent pas avoir eu d'effet sur ce phénomène. En Septembre 2017, 1400 tunisiens ont quitté le pays pour l'Italie, moins que les 2 premières semaines d'Octobre.

Des centres d'accueil à ras bord

Fahd Trimech, conseiller auprès du secrétaire d'État chargé de l'immigration et des tunisiens à l'étranger, a déclaré sur les ondes de Shems FM, que certains de ces migrants ont été mis dans des centres d'accueil, tandis que la plupart se sont rassemblés en groupes dans la nature. Il a ajouté que l'État a listé près de 500 disparus dont les empreintes digitales ont été transmises aux autorités italiennes pour identification.

"Les efforts doivent être menés conjointement avec les Italiens. Le rapatriement forcé étant interdit sans jugement, la plupart refusent un retour volontaire. Ils sont libérés après 7 jours seulement, car les centres d'accueil sont remplis" a-t-il déclaré.

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Selon Trimech, une délégation tunisienne se rendra la semaine prochaine dans les centres d'accueil italiens afin de s'enquérir de la situation des migrants tunisiens et discuter des solutions envisageables. Des cadres du ministère de l'Intérieur, de la Justice, ainsi que des députés de la circonscription de l'Italie, feront partie de cette délégation.

18% âgés de 40 à 60 ans

Dans une interview accordée à la TAP, le secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires sociales chargé de la migration et des tunisiens à l’étranger, Adel Jarboui, a déclaré qu'entre le 10 et le 14 Octobre 2017, le centre d'accueil de l'île de Lampedusa a reçu pas moins de 845 migrants tunisiens, dont 93 mineurs.

Le Secrétaire d'État a ajouté qu'un soutien psychologique a été mis à disposition des familles des victimes de la collision d'un bateau de migrants avec un navire de la Marine le 08 octobre dernier, soulignant que la prise en charge sera conduite au cas par cas, et que l'enquête continue pour déterminer les responsabilités dans cette tragédie.

Il a également affirmé que les recherches en mer continuent, appelant à cesser les accusations contre les militaires qui, dit-il, travaillent sans relâche pour préserver la vie des jeunes tunisiens, victimes des réseaux de traite des êtres humains.

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Selon les chiffres fournis par le Secrétaire d'État, les unités de la garde maritime ont réussi jusqu'au 30 septembre dernier à arrêter 1468 personnes pour tentative de migration clandestine contre 938 durant la même période de l'année écoulée. Parmi ces personnes arrêtées, 13% sont âgés de 15 à 20 ans, 66% ont une tranche d'âge comprise entre 20 et 30 ans et 18% sont âgées de 40 à 60 ans.

5% des migrants sont des femmes

Selon le secrétaire d'État, le taux de migrantes illégales est passé de 1% en 2016 à 5% en 2017.

"Pour lutter contre ce phénomène, une campagne de sensibilisation sera lancée pour mettre en garde les jeunes contre les réseaux de traite des personnes", a-t-il ajouté.

Il sera également question, selon lui, de renforcer la surveillance de ces réseaux et de mettre en vigueur la loi organique n° 2016-61 du 3 août 2016, relative à la prévention et la lutte contre la traite des personnes.

Adel Jarboui a estimé d'autre part que cette nouvelle vague de migration clandestine est due à des rumeurs circulant sur Facebook, selon lesquelles, les autorités italiennes auraient décidé de régulariser la situation de ces migrants.

D'autres facteurs d'ordre socio-économiques, à l'instar du faible pouvoir d'achat, du manque d'encadrement familial, culturel et institutionnel des jeunes ont, selon lui, contribué à la montée de la migration clandestine. Le secrétaire d'État a également déploré l'absence d'une stratégie de communication qui puisse sensibiliser les jeunes aux risques de la migration illicite.

Selon la même source, le coût de la traversée clandestine coûte entre 2000 et 7500 dinars. Ce coût varie en fonction de la taille de l'embarcation.

Selon Reuters, les trafiquants d'êtres humains utilisent de plus en plus la Tunisie comme point de départ pour les migrants en direction de l'Europe, après que les garde-côtes libyens, aidés par des groupes armés, ont renforcé les contrôles.

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