La BCT s'attaque au déficit commercial en fixant une liste de produits jugés non-essentiels à l'importation

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Medina in the historic heart of Tunis, since 1979 registered as World Heritage of Unesco, Alley souk under archways, largest medina in the Arab world, Gulf of Tunis, Tunisia, North Africa | P. Eoche via Getty Images
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Pour freiner le rythme des importations dont la valeur a dépassé celle des exportations de 10 millions de dinars, ce qui constitue un niveau record jamais enregistré auparavant, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a mis en place une nouvelle stratégie visant à réduire l'impact de ce déficit sur l'économie tunisienne.

En effet, selon le site économique ilBoursa, la BCT a adressé un avis à toutes les banques de la place les informant de l'activation de la mesure relative à l'ouverture des lettres de crédit d'importation des produits de consommation jugés non-essentiels ou considérées dans ce contexte économique fragile non prioritaires.

Une liste de produits de consommation non-essentiels ou jugés non prioritaires par la BCT a été publiée par le site IlBoursa, et ce en se référant à une note confidentielle de la BCT envoyée, le 10 octobre 2017, à Qatar National Bank (QNB). Plusieurs produits sont mentionnés dans la liste dont notamment des produits alimentaires (fromage, miel naturel, chocolat, boissons alcoolisées, etc), des produits cosmétiques, des pièces de rechanges pour les véhicules et des appareils mécaniques. Voilà donc la liste complète publié sur Ilboursa.

Cette mesure vise à rationaliser les importations tunisiennes. En effet, depuis 2011, la Tunisie souffre d'un déficit commercial chronique qui n'a cessé de se creuser, enregistrant en août 2017 un important déficit commercial de 10,068 millions de dinars contre 8,253 millions pour la même période de l'année passée.

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Une nouvelle disposition douanière pour les importateurs a été adoptée récemment. D'après un communiqué conjoint entre le ministère du Commerce et la Banque centrale de Tunisie (BCT), “les importateurs opérant en Tunisie sont appelés à fournir, à partir du 30 octobre 2017, le document de la déclaration douanière du pays exportateur pour le joindre au dossier de dédouanement".

Cette disposition englobe essentiellement, les produits alimentaires, cosmétiques et de consommation industrielle. Elle vise à organiser les opérations d’importations, à assurer la transparence des déclarations douanières et à lutter contre la présentation de fausses déclarations douanières affichant des prix au plus bas pour les produits importés, ce qui se répercute sur les recettes de l’État et nuit aux règles de la concurrence loyale.

Selon l’expert financier et économique, Hatem Zaâra, la situation économique du pays est inquiétante. Il a précisé que le défi à relever est de préserver le niveau actuel de réserves à savoir 96 jours d’importation en devises étrangères, car le seuil de moins de 90 jours ne permettra pas au pays d’acheter, ne serait ce que les produits de base comme les médicaments et le blé.

"Le gouvernement doit encourager l’exportation, tout en réduisant considérablement les importations afin de préserver son actuel stock en devises", a souligné l'expert, d’autant plus que le Fonds monétaire international (FMI) pourrait reporter le décaissement de la 3ème tranche du prêt qui sera accordé à la Tunisie à la fin de l’année.

Il a, par ailleurs, manifesté une lueur d’espoir concernant le déroulement de la saison des exportations de l’huile d’olive, le plus grand pourvoyeur en devises. La Tunisie envisage l’exportation de près de 200 mille tonnes d'huile d'olive dont plus de 25 mille tonnes conditionnées, au vu d'une récolte record prévue au cours de la saison 2017/2018, pour ainsi occuper le deuxième rang mondial après l’Espagne.

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