La Tunisienne Faouzia Charfi en Une du journal Le Monde: Les "miracles scientifiques du Coran" à l'origine du déclin scientifique en Tunisie et ailleurs

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FAOUZIA CHARFI
Capture d'écran/Youtube MOE
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" La science a disparu du monde musulman au cours des siècles ", c'est l'article à la Une du journal français Le Monde consacré à l'universitaire tunisienne Faouzia Charfi, qui a été l'invitée du premier forum international du HuffPost Maghreb organisé le 1er juin 2016 à l'Institut du Monde Arabe à Paris sous le thème "Repenser le vivre ensemble: ces femmes du Maghreb qui changent le monde.

Dans cette interview réalisée par Frederic Bobin pour le journal Le Monde, l'intellectuelle analyse les manifestations et les soubassements du déclin de l'esprit scientifique dans le monde musulman et plus alarmant encore en Tunisie.

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Physicienne de formation et professeur à l’Université de Tunis, cette ancienne Secrétaire d’État à l’Enseignement prône une éducation moderne et s’oppose à l’idéologie islamiste. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, notamment "La Science voilée" (Odile Jacob, 2013) ou encore "Sacrées questions… pour un islam d’aujourd’hui" (Odile Jacob, 2017). Autant dire qu'elle se distingue par sa connaissance approfondie de l'évolution scientifique et son rapport à la religion dans le monde musulman.

Avant de sombrer dans ce que Charfi nomme l"enfermement dogmatique", la civilisation musulmane a connu des périodes d'apogée scientifique.

La décadence a été progressive, note Charfi qui regrette que l'héritage scientifique ait été délaissé. L'universitaire souligne la contribution des universités islamiques dans cet abandon de la science à l'instar de la Zitouna à Tunis, d'el Karawiyin à Fes ou d'Al Azhar au Caire.

La crainte que la science ébranle la vérité des révélations était le dessous de la mise au ban de la science.

La Tunisie n'est pas en marge de ce déclin

Faouzia Charfi s'inquiète également de la régression scientifique en cours en Tunisie en relevant quelques causes et symptômes qui s'inscrivent dans son diagnostic du monde musulman en général.

L'universitaire revient par exemple sur la suppression par l'ancien président de la République Ben Ali de l'enseignement de la théorie de l’évolution dans les sections mathématiques, destinée aux futurs ingénieurs.

L'apogée, selon elle, était la thèse d'une étudiante diplômée de la faculté des sciences de Sfax soutenant que Terre est plate et fixe au centre de l’Univers dont la révélation sur les réseaux sociaux a provoqué un tollé.

L'universitaire avait déjà pointé du doigt ce déclin en Tunisie lors de la 4e session du Salon International du Livre de Sousse.

“J’ai senti le besoin d’écrire cet essai en voyant les acquis de la modernité menacés. Des acquis que j’espère effectifs et irréversibles et non pas comme des slogans creux, vidés de tout sens. Et ce n’est pas par hasard que j’ai senti le besoin de parler d’Histoire, de culture et de Bourguiba… “ avait-elle affirmé pour justifier l'écriture de son essai “Sacrées questions… Pour un islam d’aujourd’hui”.

Retrouvez l'intégralité de l'intervention de Faouzia Charfi lors du premier forum international du HuffPost Maghreb sur le thème "laïcité en terre d'Islam" dans la vidéo ci-dessous:

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