L'Association médicale mondiale condamne le recours aux tests anaux forcés et cite la Tunisie

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L’Assemblée générale de l’Association médicale mondiale (AMM) qui réunit des associations médicales nationales de 111 pays dans le monde a condamné le recours aux tests anaux forcés pour établir la preuve de comportements homosexuels consentis. L'organisation internationale invite les médecins à ne plus recourir à cet examen "au caractère non scientifique et inutile des examens anaux forcés et au fait qu’ils constituent une forme de torture ou de traitement cruel, inhumain et dégradant".

Le test anal consiste à l'introduction par des médecins de force leurs doigts dans l’anus d’une personne pour essayer de déterminer si cette personne a eu des rapports par voie anal. Ce test, très controversé, est supposé vérifier l'homosexualité du concerné.

L'organisation mondiale Human Rights Watch (HRW) appelle les États et les médecins au respect de cette résolution de la AMM, tout en saluant "des progrès significatifs pour y mettre un terme", en citant les exemples de la Tunisie et du Liban pour les mesures prises récemment pour freiner le recours aux tests anaux forcés.

"La Tunisie a dernièrement accepté une recommandation pour mettre fin aux examens au cours de son Examen périodique universel (EPU) au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, même s’il reste encore à savoir si la Tunisie va rigoureusement appliquer cette interdiction ou non. Dans les deux cas, les associations médicales nationales ont joué un rôle clé dans le changement de position de leurs gouvernements respectifs", a indiqué le HRW.

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À noter que le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme, Mehdi Ben Gharbia a annoncé, fin septembre, que l'abrogation du test anal n'est pas encore effective mais la Tunisie s'engage à "arrêter le recours aux tests anarchiques, sans consentement et sans assise légale".

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Le HRW pointe du doigt les États qui demeurent à la traîne" sur cette question en revenant sur la situation en Égypte ou encore en Tanzanie.

"En Égypte, les hommes et les femmes transgenres arrêtés pour des accusations de 'débauche' sont systématiquement renvoyés devant l’Autorité de médecine égale, une branche du Ministère de la Justice, pour des examens anaux forcés et les résultats sont régulièrement utilisés au tribunal pour mettre ces personnes derrière les barreaux en raison de leur orientation sexuelle présumée. Depuis fin septembre, d’après des militants égyptiens en faveur des droits humains, au moins cinq Égyptiens ont été soumis à des examens anaux forcés dans le cadre d’une répression brutale à l’encontre de plusieurs jeunes ayant brandi des drapeaux arc-en-ciel durant un concert", fustige le HRW.

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