Après le hashtag #MeToo, les femmes arabes aussi expriment leur ras-le-bol avec #أنا_كمان

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Reuters
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HARCÈLEMENT SEXUEL - Alors que l'affaire Harvey Weinstein continue de secouer la planète Hollywood, plusieurs célébrités et anonymes continuent de partager sur le web et sur les réseaux sociaux leurs expériences face au harcèlement sexuel.

Si le hashtag #DenonceTonPorc squatte les top tweets français depuis ce week-end, dans les pays anglophones, c'est #MeToo, lancé par la comédienne Alyssa Milano, qui sert à mettre en lumière les témoignages et le nombre de femmes victimes de crimes sexuels. Dans les pays arabes, un hashtag a également fait son apparition: #أنا_كمان (Moi aussi).

Des internautes, majoritairement d'origines égyptiennes, expriment ainsi leur ras-le-bol sur Twitter depuis quelques jours.

Des tweets qui ne sont pas sans rappeler un phénomène endémique, dans un pays où 93% des femmes disent avoir été harcelées sexuellement. Le Caire a notamment été récemment désignée comme la mégapole la plus dangereuse pour les femmes en 2017 par la fondation Thomson Reuters:

"Tripotée trop de fois pour m'en souvenir... ça a commencé quand j'étais trop jeune pour comprendre" "93% des femmes disent avoir déjà été harcelées sexuellement. Regardez cette vidéo pour comprendre pourquoi."

Si le Maroc a également été confronté à une affaire d'agression sexuelle très choquante et médiatisée cet été (la tristement célèbre "affaire du bus"), peu de femmes marocaines ont participé à ce hashtag. Un manque qui peut s'expliquer par la faible activité des Marocains sur ce réseau social.

Pourtant, en avance sur cette vague mondiale, le hashtag #حتى_انا avait déjà fait son apparition pour dénoncer le harcèlement sexuel dans le royaume, suite à l'affaire du bus à Casablanca:

Au Maroc, le harcèlement de rue n'est pour l'instant pas pénalisé par la loi. Une déclaration le 12 octobre dernier de Mustapha El Khalfi, ministre délégué chargé des relations avec le parlement et la société civile, et porte-parole du gouvernement, annonce ainsi que les "harceleurs et autres fauteurs de troubles et de violence à l’encontre des femmes seront désormais punis par la loi. En attendant l'adoptoin de ce projet de loi, seul le harcèlement au travail est susceptible de provoquer des poursuites judiciaires.

Selon l’article 503-1 du code pénal, "est coupable d'harcèlement sexuel et puni de l'emprisonnement d'un an à deux ans et d'une amende de 5.000 à 50.000 dirhams, quiconque, en abusant de l'autorité qui lui confère ses fonctions, harcèle autrui en usant d'ordres, de menaces, de contraintes ou de tout autre moyen, dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle".

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