Liste des enseignants absents: Le brassard de la colère sera porté demain par le corps enseignant

Publication: Mis à jour:
SCHOOL MOROCCO
Youssef Boudlal / Reuters
Imprimer

ENSEIGNEMENT - Quelques jours après la publication de la liste des 611 enseignants absents, les syndicats de l’enseignement affiliés à l’UMT, l’UGTM et l’UNTM, décrètent ce jeudi 19 octobre "journée de colère".

"Si nous soutenons l’élan réformiste du ministre, nous n’approuvons pas, par contre, son approche qui n’est pas du tout participative. Nous sommes tout aussi convaincus qu’il n’y aura aucune évolution dans le secteur ni aujourd’hui, ni demain si on ne garantit pas au corps enseignants ses droits, à commencer par le respect de sa dignité", déclare au HuffPost Maroc, Miloud Maasid, le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement, affiliée à l’UMT.

Pour lui, les enseignants n’ont pas à "payer la faillite du système éducatif", alors qu’ils sont appelés en même temps "à se mobiliser" pour sa réussite. "Nous sommes contre cette décision de publier la liste des enseignants absents, parce qu’elle n’a aucune base légale ou référent dans la fonction publique. Seul le règlement reconnu pour les absences est admis. La publication des noms est une violation de la vie privée et du secret médical", s’insurge-t-il.

"Violation du secret médical", les syndicats qualifient ainsi la publication de noms de personnes malades, atteintes, peut-être, de maladies de longue durée nécessitant donc des arrêts de travail conséquents. "Si certains souffrent de maladies, leur absence s'impose pour des raisons médicales. En plus, cette liste d'absence inclut les congés de maternité", indique ce syndicaliste.

Pour les syndicats, il est clair que la publication de cette liste a créé un climat de tension. "Nous sommes face à une ligne rouge!", s’exclame Miloud Maasid. Et de légitimer la décision des trois syndicats, à travers leur fédération d’enseignement, de protester, demain, par le port d’un brassard tout au long de la journée. Les enseignants observeront aussi des sit-in de courtes durées durant leurs pauses (à la matinée et dans l’après-midi), indiquent les syndicats dans un communiqué commun.

Dans ce dernier, les syndicats appellent le ministre à répondre aux revendications du corps enseignant en améliorant les conditions de son travail et à "ne pas amplifier la tension". Ils le mettent en garde, menaçant d’organiser de nouvelles démarches de protestations "si le ministère de l’Éducation nationale ne suspend pas sa persécution du corps enseignant et ses composants".

En attendant, le ministère campe sur ses positions

Le ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mohamed Hassad, lui, ne recule pas. Il a souligné, pas plus tard qu’hier, par la voie d’un communiqué, que les établissements scolaires sont tenus de publier les noms des enseignants absents, que ce soit une absence justifiée ou non, conformément aux dispositions de la note ministérielle n° 134 publiée le 26 juin 2010.

Répondant aux réactions contre la publication de cette liste, à partir de données collectées par le système "Massar", durant le mois de septembre dernier, le ministre trouve légitime sa décision. Pour lui, c’est un moyen d’informer les élèves, les parents, les tuteurs et tout le personnel de l’établissement scolaire, de ces absences en vue de prendre les précautions et les mesures nécessaires.

"La publication des listes d'enseignants absents permet de rectifier les contre-vérités qui circulent sur ces absences et qui avancent des chiffres erronés", précise le communiqué. Le département de M. Hassad veut montrer sa bonne foi en précisant que le nombre d’absents est moins important que le laisseraient entendre ces "chiffres erronés". "Les données publiées par le ministère révèlent que plus de 99 % du corps enseignant travaillent d’une manière normale et sans aucune absence", conclut le ministère.

LIRE AUSSI: