Université du FCE: Ahmed Ouyahia tente de rassurer les chefs d'entreprises et les investisseurs

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Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a déclaré ce mercredi 18 octobre 2017 que son gouvernement a décidé de relancer les investissements publics et de réactiver le Fonds national de l'Investissements (FNI), annonçant la réalisation, en 2018, de 50 nouvelles zones industrielles à travers le pays.

Lors de son intervention à l'ouverture de la 3e édition de l'Université du FCE (Forum des chefs d'entreprise) à la SAFEX, le chef du gouvernement a répondu à des "doléances" des patrons présents, notamment en matière de de crédits bancaires, d'économie informelle et du développement des entreprises locales.

M. Ouyahia les a également invités à "aider l'Etat dans sa lutte contre l'économie informelle et la corruption".

Ces décisions, selon M.Ouyahia, visent à relancer l'investissement public, à protéger la production nationale et à développer les entreprises locales.

A ce propos, le premier ministre a déclaré que la relance de l'investissement public par l'attribution d'un budget d'équipements de plus de 4000 milliard da en 2018. "Plus de 250 milliards de da seront dédiés au développement local tandis que 260 milliards da seront destinés à la bonification des taux d'intérêts.

Interpellé sur le manque de liquidités dans les banques publiques, le même responsable a tenu à rassurer son auditoire. "Les entreprises ont ressenti l’impact de ce choc financier à travers la baisse des investissements publics ou les retards dans le paiement des entreprises ayant fourni des prestations à l’Etat et ses démembrements, ainsi qu'à travers la baisse de la disponibilité du crédit bancaire pour les projets d’investissements", a-t-il relevé.

Il a affirmé que "le gouvernement va remettre des sous dans les banques". Ahmed Ouyahia a expliqué que "la moitié du budget d'équipements, près de 2000 milliards de Da, sera justement dédiée à financer des projets de travaux publics et donner aux entreprises de quoi lever du crédit".

Le Premier ministre s'est montré, ainsi, optimiste, expliquant que cette partie du budget d'équipements devrait permettre une baisse de l'inflation et une croissance en hausse en 2018.

"Facturez et utilisez de chèques"

Le chef de l'Exécutif a, par la suite, été interrogé sur les opérateurs exerçant une économie informelle et qui constituent, selon les propos de chefs d'entreprises, "une concurrence déloyale". Ouyahia a déclaré que la lutte contre l'économie informelle, tout comme la corruption, est "une bataille de décennies". "Et vous n'espérez tout de même pas que l'Etat remporte cette bataille tout seul...", a-t-il dit.

Pour le Premier ministre, il s'agit de deux "économies informelles": "Nous acceptons que des jeunes pratiquent du commerce illégal à la rue Ben M'Hidi. Tant que nous n'arrivons pas à leur créer des emplois, nous préférons les laisser".

Ce qui n'est pas admissible pour le chef de l'exécutif, ce sont ces opérateurs économiques qui ne facturent pas leurs prestations et préfèrent recourir aux espèces plutôt que les chèques, "sans laisser aucune traçabilité ou payer leurs cotisations". "Dans certains pays, payer ses impôts est une civilisation", dit-il.

Le Premier ministre a ainsi exhorté les chefs d'entreprise à recourir à l'usage de la facture et des chèques dans les transactions. "Veillez à utiliser des chèques et à facturer vos transactions pour déclarer vos impôts".

A propos des investissements, le gouvernement prévoit, en outre, "une décentralisation accrue, au niveau des wilayas, de tous les actes et procédures liés aux investissements, qu’il s’agisse des démarches au niveau des Guichets uniques locaux ou de l’accès au foncier industriel".

M. Ouyahia a aussi affirmé que "le marché local sera protégé", évoquant le "rétablissement de la priorité à la production nationale dans le cadre de la commande publique". Le recours aux entreprises étrangères "deviendra ainsi l’exception", dit-il.

Selon le Premier Ministre, le gouvernement compte aussi mettre en place des mesures de sauvegarde du marché national pour réduire le volume des importations et préserver les réserves de change et permettre à la production nationale et à l’entreprise algérienne de se réapproprier le marché local.

Il a appelé les chefs d'entreprises et investisseurs algériens à travailler en collaboration avec les administrations, notamment locales, pour l’établissement d’une carte économique du pays, wilaya par wilaya, afin d’identifier les opportunités d’investissements existantes ainsi que les créneaux d'investissements réellement saturés".

Les opérateurs économiques sont également appelés à contribuer à la réalisation ou à la réhabilitation ainsi qu’à la gestion des zones industrielles que les pouvoirs publics sont prêts à mettre sous l’autorité des opérateurs qui y travaillent pour peu que ces derniers s’organisent à cette fin, a souligné M. Ouyahia.

A ce propos, il a annoncé la réalisation, dans un délai d'une année, de 50 zones industrielles à la charge directe des walis auprès desquels l’opération a été décentralisée.

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