Au Forum de la MAP, Saad-Eddine El Othmani n'exclut pas le remaniement du gouvernement

Publication: Mis à jour:
SAAD EDDINE EL OTHMANI
Youssef Boudlal / Reuters
Imprimer

GOUVERNEMENT - Il ne l’a ni démenti, ni exclu. Le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani a été évasif sur la question d’un éventuel remaniement du gouvernement qu’impliquerait la création du ministère délégué chargé des Affaires africaines, et permettrait au parti de l’Istiqlal de rejoindre la majorité.

Invité du Forum de la MAP, ce mardi matin, pour intervenir sur "Les défis politiques et les enjeux économiques", le chef du gouvernement s’est montré prudent face aux nombreuses questions des médias dont il n’a pas hésité à esquiver quelques interrogations "polémiques". "Dans la prochaine étape, nous engagerons les discussions permettant d’élaborer une vision sur la mise en place du ministère délégué chargé des Affaires africaines et sur l’impact que cela suscitera. Mais, pour l’instant, le remaniement élargi n’est pas à l’ordre du jour", déclare le chef du gouvernement.

Saad-Eddine El Othmani s’est consacré, pendant une heure et demi, à défendre son équipe, ainsi que son parti (PJD), dont il est le président du conseil national. Pour lui, les divergences sont synonymes de force et non de conflits. "Je ne suis pas un dictateur, je suis pour le dialogue", lance-t-il. Interrogé sur une déclaration qu’il avait faite et dans laquelle il se disait prêt à démissionner, il a tenu à remettre celle-ci dans son contexte: "Je n’avais pas annoncé mon intention de démissionner dans l’absolu. J’avais précisé que le PJD est un parti unifié (…) et que s’il fallait que le chef du gouvernement présente sa démission, nous sommes prêts à le faire. Cela ne veut pas dire que nous nous désengageons de nos responsabilités et que nous voulons quitter le gouvernement", précise-t-il, estimant qu’il ne s’agissait que d’"une façon de s’exprimer".

Sur "les tensions au sein du PJD" en raison d’une éventuelle reconduction du secrétaire général Abdelilah Benkirane ayant nécessité l’amendement du règlement interne du parti, Saad Eddine El Othmani sourit avant de surprendre les médias: "Je ne suis pas au courant que le secrétaire général du PJD veut un troisième mandat. Vous, les journalistes, vous n’avez qu’à lui poser la question directement sans m’impliquer!". Le président du conseil national du PJD a tenu, toutefois, à préciser que le parti dispose "de structures au sein desquelles les décisions sont prises dans un cadre consensuel". Quant à sa relation avec le secrétaire général, Saad-Eddine El Othmani dément une quelconque froideur, soulignant qu’ils "se rendent visite régulièrement".

Des promesses d'écoute et d'action

Sur un tout autre sujet, lié à la rentrée parlementaire, le chef du gouvernement a dû réagir sur le problème de la retraite des députés qui risque d’être suspendue faute de moyens. "Le gouvernement ne peut pas s’immiscer dans les affaires qui relèvent du parlement. Cela dit, le président de la Chambre des représentants m’a bien adressé une lettre dans laquelle il expose le problème ainsi que les différentes propositions de son règlement", se contente-t-il de déclarer. Et d’ajouter qu’à ce propos, le groupe des députés du PJD a adressé, pour sa part, une lettre au président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, lui proposant d’annuler la retraite des députés.

Pressé de quitter le Forum de la MAP en raison de la tenue du conseil du gouvernement qu’il préside à 11h, Saad Eddine El Othmani n’a pas étanché la soif des médias notamment sur des questions liées aux libertés individuelles et à la levée de la compensation sur d’autres denrées alimentaires ou de grande consommation.

Le chef du gouvernement a, par ailleurs, promis que son gouvernement n’a qu’une seule devise "écouter et agir". Retraçant les priorités du gouvernement, il a estimé que ce dernier n’a pas à répondre des difficultés et des retards accumulés, mais qu’il ne ménagera aucun effort pour y remédier. "Nous travaillons sur la coordination de l’action gouvernementale", rappelle-t-il, soulignant trois priorités: éducation, santé et emploi. "Le modèle de développement" auquel le roi a appelé dans son discours inaugurant la rentrée parlementaire sera le but à atteindre. "Nous sommes conscients qu’il y a des dysfonctionnements et une étude présentera les moyens d’y remédier la semaine prochaine", annonce-t-il. Et de préciser que le Projet de loi de finances 2018 prévoit justement des mesures concrètes pour "donner un nouveau souffle" au modèle de développement national.

LIRE AUSSI: