Mehdi Qotbi veut exporter l'art contemporain marocain à Londres (et vice versa)

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Mehdi Qotbi veut exporter l'art contemporain marocain à Londres | DR
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ART - Infatigable, Mehdi Qotbi poursuit sa tournée mondiale des musées. Après l'Australie, l'Inde, la France et l'Espagne, le président de la Fondation nationale des musées (FNM) vient de faire étape à Londres, où il s'est entretenu avec les responsables de plusieurs institutions artistiques dans le but de renforcer la coopération entre le Royaume-Uni et le Maroc.

Après avoir visité le Victoria & Albert Museum et la National Portrait Gallery, Mehdi Qotbi s'est rendu à la Tate Modern, temple de l'art moderne et contemporain britannique, où il a rencontré le conservateur adjoint de l'institution, Vassilis Oikonomopoulos.

"Nous sommes en train d'étudier les possibilités de collaboration et d'échanges d'oeuvres avec les Anglais, qui ont une incroyable richesse artistique dans leurs musées, avec des grands noms comme Henry Moore ou Francis Bacon", explique le président de la FNM au HuffPost Maroc.

Une exposition commune sur l'École de Casablanca, qui rassemblerait plusieurs oeuvres d'artistes marocains comme Farid Belkahia, Mohamed Melehi et tous les noms qui ont marqué la création artistique dans les années 60-70 au Maroc, pourrait ainsi avoir lieu à la Tate Modern. "Pour l'instant, ce n'est qu'au stade de projet, rien n'est encore signé", précise-t-il. Si elle a lieu, ce ne serait pas avant 2019. "Nous pourrions recevoir, en échange, des travaux de grands artistes anglais".

Le Serpentine, autre lieu de création et d'exposition d'art contemporain dans la capitale britannique, serait également intéressé pour accueillir des oeuvres d'artistes marocains contemporains. "Les premiers contacts sont encourageants", souligne Mehdi Qotbi.

Il faut dire que les travaux entrepris depuis 2014 par la FNM et le musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain (MMVI), qui a accueilli plusieurs oeuvres de géants de l'art comme Picasso ou Giacometti, "donnent confiance aux institutions mondiales et nous permettent d'avoir des portes qui s'ouvrent", explique Mehdi Qotbi, qui a mené tambour battant son travail de lobbyiste du royaume à l'étranger ces trois dernières années.

Cap sur la formation

Autre volet abordé lors de ce voyage londonien: la formation. "Le British Council, que nous avons rencontré ce matin, pourrait nous accompagner pour former les conservateurs mais aussi les étudiants pour s'occuper des musées au Maroc", indique-t-il. "L'idée serait que des formateurs anglais viennent sur place, parce que nous n'avons pas les moyens d'envoyer des équipes du Maroc à Londres". Ces formations pourraient également bénéficier aux musées privés du Maroc.

Un comité scientifique de spécialistes anglais de l'art islamique pourrait également aider la FNM dans l'élaboration du futur musée de l'art de l'islam, situé dans le palais Batha à Fès. "Les Anglais sont les plus grands spécialistes de l'art de l'islam. L'accompagnement par des gens qui ont des compétences est essentiel pour ne pas rater notre objectif", explique-t-il. Le musée Batha, en cours de restauration, devrait ouvrir ses portes en 2018.

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