Dans la préfecture de M'diq-Fnideq, Latifa Ibn Ziaten inaugure quatre bibliothèques scolaires

Publication: Mis à jour:
LATIFA IBN ZIATEN BIBLIOTHEQUES MAROC
Dans la préfecture M'diq-Fnideq, Latifa Ibn Ziaten inaugure quatre bibliothèques scolaires | Twitter/Latifa Ibn Ziaten
Imprimer

ÉDUCATION - Quatre bibliothèques scolaires ont été inaugurées, lundi 16 et mardi 17 octobre, dans des collèges et lycées de la préfecture de M'diq-Fnideq, à l'initiative de l'Association Imad pour la jeunesse et la paix.

Ces bibliothèques bénéficieront aux 4.000 élèves qui poursuivent leur scolarité au lycée collégial Ibn Toumart (commune rurale de Belyounech), et aux lycées qualifiants Abi Rabi Sabti (commune urbaine de Fnideq), Manssour Dahabi à M'diq et Mohammed VI à Martil.

Chaque structure mettra à la disposition des élèves environ 1.500 livres, indique au HuffPost Maroc la présidente de l'association, Latifa Ibn Ziaten, mère du Franco-marocain Imad Ibn Ziaten qui a été victime de l'attentat terroriste perpétré par Mohammed Merah en 2012 à Toulouse dans le sud de la France.

"Nous avions des livres partout à la maison"

Depuis la mort de son fils, cette mère de cinq enfants a mené, avec son association, de nombreuses initiatives de sensibilisation des jeunes contre les dangers de l'extrémisme, en France et au Maroc.

"J'ai lancé ce projet parce que je ne voyais pas de bibliothèques dans les établissements scolaires que j'ai visités au Maroc", explique Latifa Ibn Ziaten. "Quand je demandais aux jeunes ce qu'ils faisaient de leur temps libre, ils ne me disaient jamais qu'ils lisaient des livres. Ils passent surtout du temps sur leur téléphone ou tablette".

Privée d'école quand elle était jeune, Latifa Ibn Ziaten a toujours eu "cette soif de lecture", qu'elle a transmise à ses enfants. "J'allais chercher des livres pour eux et nous en avions partout à la maison, sur les étagères, dans les escaliers", raconte-t-elle. "La lecture aide les enfants à se construire et à s'ouvrir au monde. C'est indispensable pour leur épanouissement".

C'est aussi pour éviter que ces derniers tombent "dans la délinquance, l'extrémisme ou la drogue" que Latifa Ibn Ziaten a fait venir de France 6.000 livres en français et en arabe. Romans, livres d'histoire, revues scientifiques, dictionnaires et méthodes de langue alimenteront les rayonnages de ces quatre nouvelles structures.

Une initiative qui pourrait être étendue

Seul problème: le manque d'animateurs pour gérer ces structures et "donner aux jeunes l'envie d'approcher les livres", déplore-t-elle. Après avoir essuyé un refus de la part des autorités des différentes villes pour qu'elles mettent à disposition quatre personnes pour animer ces bibliothèques, Latifa Ibn Ziaten a finalement reçu l'aide de la femme d'un directeur d'établissement à Fnideq et d'une enseignante de français à Belyounech qui sont prêtes à s'occuper de ces structures.

Pour les bibliothèques de M'diq et Martil, inaugurées ce mardi, la présidente de l'association espère que des "bonnes âmes" se présenteront.

L'initiative, lancée suite à une convention de partenariat avec la préfecture de M'diq-Fnideq et l'Académie régionale d'éducation et de formation de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, pourrait être étendue au reste de la région. "Nous allons aller dans d'autres villes et villages, pour repérer les besoins et ouvrir d'autres bibliothèques s'il le faut", explique la présidente de l'association.

Et Latifa Ibn Ziaten ne compte pas s'arrêter là. Elle pense déjà à ouvrir des salles de sport et de musique dans les établissements scolaires, pour donner à la jeunesse lac chance de s'épanouir.

LIRE AUSSI: