Du virtuel aux actions bien réelles, le groupe Facebook "Action Save Casablanca" se mobilise pour la propreté des rues de la ville blanche

Publication: Mis à jour:
ACTION SAVE CASA
Facebook / Hanane Khatib
Imprimer

SOCIÉTÉ - Dimanche matin sur la place des Nations unies à Casablanca, un groupe d'une trentaine de personnes armé de sacs poubelles et de pinces à ordures ont débarrassé la célèbre place des nombreux déchets qui la polluaient. Une initiative citoyenne menée par le groupe Facebook Action Save Casablanca, afin de sensibiliser la population aux problématiques environnementales et au vivre ensemble.

Née sur les réseaux sociaux, la démarche aurait pu rester simplement virtuelle. Depuis quelques années, les réseaux sociaux participent ainsi à créer des communautés autour de sujets fédérateurs, et qui permettent de dénoncer les dysfonctionnements observés. Save Casablanca, groupe Facebook créé en 2014 et qui recense aujourd'hui plus de 85.000 membres, permet aux citoyens de témoigner des incommodités rencontrées dans la métropole. Nuisances sonores, pollution, trafic routier, déchets... les témoignage fusent, les mots sont forts et la colère est palpable. Les commentaires qui accablent et pointent du doigt le manque de civisme des habitants et des pouvoirs publics se multiplient... Mais les initiatives manquent cruellement car du virtuel au passage à l'acte bien réel, il y a souvent bien plus qu'un pas à faire.

Le pas a en tout cas été franchi par Action Save Casablanca, un autre groupe sur Facebook qui ne compte pour l'instant que 700 membres, des personnes plus motivées que jamais à agir en réponse au défaitisme ambiant qui règne sur Save Casablanca et, de manière plus générale, sur la société marocaine. Le groupe a choisi de s'attaquer à un vaste sujet qui préoccupe une bonne partie de la population: la propreté des rues et le tri des déchets.

Tirer la société vers le haut

"Casablanca est dans un état déplorable, ce n'est un secret pour personne", déclare au HuffPost Maroc Nabil Bazine, coordinateur du projet. "Les populations perdent espoir et sont démotivées. La classe moyenne éduquée et l'élite sont aux abonnés absents quand il faut agir, chaque action sociale est systématiquement dénigrée. Mais lorsqu'il s'agit de critiquer et constater ce qui ne va pas, il y a du monde: on cherche les fautifs, mais pas les solutions", avance-t-il. "C'est encore une fois un problème de civisme et d'éducation, qui entraîne tout le monde dans le défaitisme".

Valoriser les actions citoyennes, montrer une nouvelle voie, créer un impact: des défis que tentent de surmonter les membres du petit collectif à travers diverses initiatives dans la ville blanche, pour créer un effet boule de neige et interpeller le plus de monde, et ainsi passer du discours injonctif, "il faut faire ci ou ça", à un discours fédérateur, "faisons tous ensemble". Action Save Casablanca ne dépend pas d'une association et n'en est pas une. C'est un mouvement citoyen qui oeuvre avec des petits moyens mais surtout beaucoup de volonté. Avant de s'attaquer à la place des Nations unies, ils ont réalisé d'autres opérations de nettoyage sur la plage de la porte 14 d'Ain Diab et dans la forêt de Bouskoura, un des rares espaces verts de la capitale économique où l'on peut espérer respirer de l'air frais, loin des pots d'échappements.

action save casa bouskoura

"La place des Nations unies est au coeur de Casablanca, c'est un endroit très surveillé donc il nous a fallu l'aval des autorités publiques pour y mener notre action d'hier", explique Nabil Bazine. Souvent noire de monde et pleine de vendeurs à la sauvette, il n'est pas rare d'y trouver une multitudes de déchets et d'ordures qui ornent tristement les trottoirs.

action save casa

Casquettes vissées sur la tête, petits et grands, ont durant deux heures nettoyé la place de fond en comble. Et les réactions des passants ont été dans l'ensemble très positives. "Quand on voit quelqu'un se pencher pour ramasser un déchet dans la rue, cela crée de l'étonnement, alors que c'est un geste normalement anodin. Les gens ont été surpris, certains ont même applaudi l'initiative", poursuit Nabil Bazine.

"L'évolution d'un pays ne se mesure pas seulement à son PIB mais aussi par le degré de conscience des citoyens par rapports aux différentes problématiques qu'on rencontre", ajoute l'organisateur. Ce dernier espère que cette action menée hier pourrait permettre par la suite de s'attaquer à des problèmes plus conséquents, comme le traitement des déchets par les entreprises compétentes, la pollution dans l'air ou trouver des moyens de faire baisser la facture énergétique des Marocains.

Le groupe prévoit une réunion conviviale, sans écran, ni clavier, le 22 octobre à 11h au café Amistad à Casablanca, invitant tout ceux intéressés par l'initiative à venir discuter à bâtons rompus des prochaines actions à mener.

LIRE AUSSI: