Syrie: à Raqa, un des derniers fiefs de l'EI s'écroule, des dizaines de "jihadistes" se rendent

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RAQA
A general view taken on October 1, 2017 shows debris near the central hospital of Raqa, which is one of the Islamic State (IS) group's last positions on the frontline.Syrian fighters backed by US special forces are battling to clear the last remaining Islamic State group jihadists holed up in their crumbling stronghold of Raqa. / AFP PHOTO / BULENT KILIC (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images) | BULENT KILIC via Getty Images
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Une centaine de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) à Raqa se sont rendus, a annoncé samedi la coalition internationale conduite par Washington qui refuse catégoriquement une éventuelle évacuation des derniers combattants étrangers retranchés dans la ville syrienne.

Trois ans après sa fulgurante ascension en Irak et en Syrie, l'EI se trouve acculé dans ses derniers fiefs et voit son "califat" autoproclamé en juin 2014 s'écrouler face aux offensives soutenues par les Etats-Unis ou la Russie.

Entrées à Raqa en juin, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par la coalition, ont progressivement repris près de 90% de la ville, les jihadistes y conservant des poches.

Ces derniers jours, des discussions ont été menées pour assurer la reprise des poches où sont retranchés les jihadistes, et permettre l'évacuation des civils pris au piège des combats, parfois utilisés par les combattants comme boucliers humains.

Les négociations étaient conduites par le Conseil civil de Raqa, une administration locale lié aux FDS, et des figures tribales.

Quelque 1.500 civils ont ainsi pu fuir cette semaine en vertu d'une trêve tacite accompagnant ces discussions, selon la coalition qui avait parlé jeudi d'environ 4.000 civils encore à Raqa.

Les discussions portaient aussi sur le départ des jihadistes syriens mais aussi étrangers.

Quid des jihadistes étrangers?

Plus aucun jihadiste syrien ne se trouve à Raqa et des négociations sont en cours concernant le sort des combattants étrangers, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'OSDH a indiqué que "tous les combattants syriens" de l'EI et leur famille avaient quitté la ville "ces cinq derniers jours".

"Ces dernières 24 heures, environ 100 terroristes de l'EI se sont rendus à Raqa, et ont été évacués de la ville", a précisé la coalition de son côté, sans dire s'il s'agissait de syriens ou d'étrangers.

Des jihadistes syriens se sont rendus dans la nuit aux FDS, a dit pour sa part un responsable local qui n'a pas donné de chiffre exact.

"Ceux qui se sont rendus sont des locaux, pas des étrangers. Les étrangers ne se sont pas encore rendus", a précisé le responsable s'exprimant sous l'anonymat.

Une source militaire des FDS a indiqué à l'AFP que des bus et des camions attendaient à l'extérieur de Raqa pour conduire les combattants qui ont déposé les armes vers Deir Ezzor, une province dans l'est du pays encore largement contrôlée par l'EI, mais où là aussi les jihadistes font face à une offensive des forces du régime.

Ces dernières y ont d'ailleurs repris samedi le contrôle de la ville de Mayadine, selon l'agence officielle Sana.

Quelque 150 combattants étrangers seraient encore retranchés à Raqa, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Ils demandent à pouvoir partir en un seul groupe vers les secteurs sous contrôle de l'EI dans la province de Deir Ezzor", a-t-il précisé.

'Sur le point d'en finir'

Mais la coalition internationale s'est montrée intraitable. Les jihadistes étrangers "ne sont pas autorisés à quitter Raqa", a-t-elle dit, prédisant "des combats difficiles dans les jours à venir".

Un porte-parole des Unités de protection du peuple kurde (YPG), la principale composante des FDS, a catégoriquement écarté de son côté la possibilité d'un accord avec l'EI.

"On est sur le point d'en avoir fini avec Daech à Raqa", a-t-il indiqué à l'AFP, utilisant l'acronyme en arabe du groupe. Mais "jusqu'à ce moment, nous luttons contre Daech", a-t-il souligné.

Cet été, une évacuation de jihadistes depuis la région frontalière entre le Liban et la Syrie vers la région de Deir Ezzor (est) avait déjà suscité des réactions hostiles de la part de la coalition, qui avait lancé des raids pour empêcher un convoi d'arriver près de l'Irak.

Plusieurs pays occidentaux craignent en effet que la démobilisation de l'EI en Syrie et en Irak n'entraîne un retour dans leur pays des jihadistes qui pourraient constituer un danger.

Les FDS avaient lancé il y a près d'un an une vaste offensive en vue de reprendre Raqa, transformée par les jihadistes en laboratoire de l'horreur.

C'est notamment de Raqa qu'auraient été planifiés les spectaculaires attentats de l'EI qui ont frappé l'Europe ces dernières années.

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