Le ministre des Finances détaille le projet de loi de Finances 2018

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Dans une interview accordée à Express FM, le ministre des Finances, Ridha Chalghoum a révélé les détails du projet de loi de Finances 2018, qui a été élaboré, dit-il, de façon participative en coordination avec l'UGTT et l'UTICA ainsi que plusieurs autres institutions. Le principal souci étant, selon Chalghoum, de maintenir un équilibre dans les balances budgétaires de l'Etat.

Au cours des dernières années, l'endettement est passé de 40% en 2010 à 70% en 2017. "L'endettement continuera à augmenter si le déficit budgétaire continue à augmenter" déclare le ministre qui a aussi annoncé un taux de croissance prévu de 2,2% pour l'année 2018.

"Le budget de l'État augmentera de 4,3% tandis que le déficit budgétaire se maintiendra en dessous de 5%. Cet objectif est réalisable si on considère les mesures prévues dans ce projet de loi" a-t-il déclaré.

Ainsi, on retrouve en premier lieu les dépenses incompressibles comme la dette publique, qui sera de 7951 millions de dinars pour l'année 2018. La masse salariale quant à elle sera de 14.751 millions de dinars en 2018 contre 14.300 pour 2017, représentant ainsi 14% du PIB.

L'investissement

Le budget consacré au développement atteindra 5.743 millions de dinars qui seront alloués aux investissements publics. A ce propos, Chalghoum a annoncé que des travaux de construction d'une autoroute reliant Tunis à Jelma, débuteront en 2018. Cette autoroute reliera en second lieu la ville de Kasserine, Gafsa et Sidi Bouzid.

Parmi les mesures prévues pour les régions concernées par le développement régional, Chalghoum a déclaré que les cotisations à la Caisse Nationale la Sécurité Sociale (CNSS) seront totalement assurées par l'État pendant 3 ans, pour les recrutements effectués dans ces régions. Ainsi, le ministre a souligné l'avantage dont peuvent bénéficier les promoteurs en s'installant dans les régions intérieures.

La politique de subvention

Le ministre a également affirmé que la politique de subvention des produits de base sera maintenue, en réponse aux appels de changement de celle-ci, pour la rendre profitable aux familles nécessiteuses seulement. Chalghoum n'a cependant pas écarté la possibilité de réformes à ce niveau, mais qui ne seront pas entreprises dans l'immédiat car cela requiert un travail de ciblage qui n'a pas encore été effectué. Ainsi, les subventions des produits de bases s'élèveront à 1570 millions de dinars en 2018 contre 1500 millions de dinars pour 2017.

1500 millions de dinars ont également été prévus pour la subvention des hydrocarbures, contre seulement 600 millions de dinars pour l'année 2016. "Il faut organiser un dialogue national concernant la subvention des hydrocarbures, et appliquer ce qui a été convenu concernant l'ajustement automatique des prix" a-t-il déclaré.

Toujours dans la politique de subvention, le transport public bénéficiera de 450 millions de dinars. Le budget de l'année 2018 prévoit également un appui à la réfection des hôpitaux et des écoles.

Le tourisme

Le ministre a d'autre part déclaré que des réformes fiscales seront apportées dans le secteur du tourisme, et plus spécifiquement au profit des régions du sud. Ainsi, les agences de voyages organisant des excursions dans le désert tunisien, et dont l'activité a été fortement frappée par le recul du tourisme au cours de ces dernières années, seront capables de renouveler leurs parcs automobiles et bénéficieront d'une exonération totale des taxes sur les produits de consommation ainsi qu'une réduction de 6% de la TVA.

Des taxes seront également appliquées aux séjours en hôtels, conformément à ce qui se fait dans d'autres pays.

Chalghoum a également déclaré que 30.000 artisans ayant octroyés des prêts avant 2009, seront exemptés du remboursement et peuvent bénéficier de nouveaux prêts afin de pouvoir reprendre leurs activités.

L'agriculture

Le ministre des Finances a par ailleurs déclaré que des fonds seront injectés dans les caisses d'assurance agricole, qui aideront les agriculteurs à mieux faire face aux dommages causés par les intempéries (grêle, sécheresse, inondations, etc..)

Chalghoum a d'autre part déclaré que les PME/PMI sont les plus touchées par la crise économique. Ainsi, un mécanisme en leur faveur a été mis en place, qui leur permettra d'accéder à des crédits participatifs avec un budget de 400 millions de dinars sur 3 ans. Il a aussi déclaré que les taux de TVA seront augmentés d’un point (de 6 à 7%, de 12 à 13%, de 18 à 19%).

Le projet de loi de Finances a été au cœur des préoccupations des Tunisiens durant la période passée. Les spéculations et les estimations se sont enchaînées prévoyant toutes sortes d'augmentations et de réformes.

L'Union Tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) a, pour sa part, publié, le lundi 25 septembre une note sous le nom d' "Entre assainissement et relance" pour présenter ses proposition pour ce nouveau projet de loi. Dans cette note, l'UTICA avait appelé à mettre en place un contrat de responsabilité entre le gouvernement, les partis politiques qui le soutiennent et les partenaires sociaux autour de valeurs et d'objectifs chiffrés, avec un partage des responsabilités et une obligation de résultat.

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