L'historien Olivier Le Cour Grandmaison boycotte le SILA en signe de protestation contre la censure de Dahou Djerbal et Aissa Kadri

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OLIVIER LE COUR GRANDMAISON
Ghada H.
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Le salon international du livre d'Alger (SILA) dans sa 22e édition s'est privé de la venue de l'un des historiens qui réclament la reconnaissance de la France de ses crimes coloniaux.

Lui c'est Olivier Le Cour Grandmaison. Initialement attendu pour animer une table ronde consacré aux luttes anti-coloniales en compagnie de Dahou Djerbal, Aissa Kadri et Samir Amin, l'historien a été surpris par l'annulation de la participation de ces deux confrères algériens.

L'annulation, on l'apprendra dans les colonnes du quotidien El Watan en date du 10 octobre. La direction du SILA a décidé de supprimer le nom des deux chercheurs algériens de la liste des conférenciers. La cause serait, selon la même source, la signature de l'appel des intellectuels en date du 6 septembre et qui appelait au changement et l'organisation d'une élection présidentielle anticipée.

Dans une déclaration envoyée à notre rédaction et publiée également sur son compte Facebook, Olivier Le Cour Grandmaison refuse de se rendre à une table-ronde qui cautionne un acte de censure.

"Mon attachement aux droits et libertés démocratiques élémentaires m’interdit d’être complice, par ma présence ou mon silence mêmes, de tels agissements. Indépendamment du contenu de l’appel incriminé, ma solidarité avec les personnalités exclues est pleine et entière. La défense de la liberté d’expression ne se divise pas et les atteintes portées à cette dernière sont partout inadmissibles.", explique Le Cour Grandmaison.

A noter que la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADH) avait aussi dénoncé cette censure.

Les faits remontent au 7 spetembre dernier lorsque des universitaires et des intellectuels algériens ont appelé à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée "dans le mois à venir" pour "sortir de ce statu quo mortifère" du quatrième mandat du président Bouteflika.

Les signataires de l'appel, publié dans l'édition du même jour du journal El Watan, étaient notamment le sociologue Dahou Djerbal, les universitaires Mohammed Hennad, Aissa Kadri et Ratiba Hadj-Moussa ainsi que les journalistes Cherif Rezki et Mustapha Benfodil.

Estimant que le changement du gouvernement était "unique en son genre" et que le chef de l'Etat n’exerçait plus ses fonctions constitutionnelles "de manière effective", les signataires avaient relevé les "grands périls" que portait cette situation et appelé à l'organisation d'une présidentielle anticipée.

Cette lettre aurait motivé la censure dont font objet aujourd'hui les deux intellectuels algériens Daho Djerbal et Aissa Kadri,. Invités depuis des mois à animer cette table ronde avec Olivier Le Cour Grandmaison et Samir Amin, ils se voient tout bonnement écartés sans explications de la direction du SILA.

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