Pas de panique, la tempête Ophelia n'atteindra pas le Maroc

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CLIMAT - Ce vendredi 13 allait être à la hauteur de sa réputation, à en croire une fausse information relayée sur les réseaux sociaux selon laquelle un ouragan ferait escale au Maroc ce jour-là.

Il s’agit de la tempête Ophelia, née il y a à peine trois jours autour des Açores, îles portugaises situées dans l’Atlantique nord, qui effectivement s’approche de l’espace marocain mais ne pourra pas l’atteindre.

“Le Maroc n’est pas concerné", déclare au HuffPost Maroc Lhoussain Youabd, chef de service de communication à la Direction de la météorologie nationale. “Le trajet le plus probable de la tempête, c’est le nord du Portugal, et ça peut même rester juste dans l’Atlantique nord sans toucher le pays en produisant de simples pluies”, explique-t-il.

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Le trajet de la tempête Ophelia.

Ophelia n’est pour l’instant qu’au stade de “dépression tropicale” selon Youabd. Elle évoluera vendredi en cyclone de catégorie une, et pourra même revenir à son état de dépression sans s'intensifier. La tempête a en effet peu de chances de survivre puisqu’elle passe par l’Atlantique nord dont la température ne dépasse pas les 26 degrés, température minimale pour l’intensification d’un cyclone.

“Pour qu’un ouragan puisse naître, il faut d’abord qu’il y ait une baisse de pression", explique Mohammed-Saïd Karrouk, professeur de climatologie à l'université Hassan II de Casablanca. "La température de l’eau de la mer doit être élevée pour activer cette dépression et la transformer en tempête".

Des conditions qui ne s’appliquent pas au Maroc, qui n’a encore jamais été touché par une tempête tropicale ou extra-tropicale, selon Karrouk. “La température de l’eau au large du pays ne permet pas ce type de développement mais aussi l’orientation des flux et courants aériens, qui se déplacent et ondulent vers le nord-est, ce qui protège le Maroc”.

Si le royaume reste à l’abri des cyclones, leurs effets peuvent cependant manifester des perturbations météorologiques dans plusieurs villes du pays comme des averses et des vents pouvant atteindre jusqu'à 100 kilomètres à l'heure.

Ce n’est pas la première fois qu’une tempête atteint l’espace marocain, comme a tenu à le rappeler l’expert en climatologie. La tempête Nadine qui avait éclaté au sud de l’Espagne en 2012, et la tempête Alex née en janvier 2016 dans des eaux à 20 degrés, s’étaient toutes les deux formées en Atlantique.

Aujourd’hui, avec le réchauffement climatique, les cyclones prennent plus de force et sont plus fréquents qu’auparavant. “Au niveau planétaire, nous avons atteint une phase qui nous met devant une nouvelle situation énergétique thermique et nous vivons donc dans un nouveau climat", explique Karrouk qui rappelle que l’année 2017 a connu le plus grand nombre de tempêtes et d’ouragans formés depuis 2005.

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