Mehdi Jomaâ: "La Tunisie a tous les ingrédients pour réussir, mais..."

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"Nous ne sommes pas sur la bonne voie depuis des années" a révélé Mehdi Jomâa, ancien chef du gouvernement et président d'Al Badil Ettounsi lors d'une interview accordée mercredi à Jawhara FM. Il a argué que la situation actuelle résulte du mauvais choix adopté par le gouvernement. Il a expliqué que l'État est en train de remettre à plus tard la résolution des problèmes qui inhibent le pays au lieu d'entreprendre des réformes urgentes et courageuses.

Jomâa a estimé que pour sortir de la crise deux options se présentent: soit les réformes, soit les taxes. "Aujourd'hui, nous sommes obligés de faire les deux" a-t-il regretté. Il a indiqué que cette situation aurait pu être évitée si "nous avions entamé ce chantier depuis 2 ou 3 ans". Selon lui, la hausse des taxations est le résultat du retard commis au niveau des réformes douloureuses.

Revenant sur la le projet de loi de Finances, Jomâa a estimé que les mêmes erreurs se répètent d'une année à l'autre. "Nous n'avons pas appris la leçon de l'année dernière" a-t-il renchéri. Il a indiqué que le scénario des surenchères et des différends autour du projet de loi de finances de l'année écoulée est en train de se reproduire. Il a ajouté que la loi de finances n'est pas juste une loi de comptabilité mais toute une vision économique derrière. Il a souligné la nécessité d'instaurer une stabilité politique, sociale, sécuritaire mais aussi fiscale afin d'attirer les investisseurs et créer un climat d'investissement durable et favorable.

Le président d'Al Badil a noté, par ailleurs, qu'avant son départ du gouvernement, il a laissé à ses successeurs un programme de réformes complet qui s'étale sur trois ans et dont les résultats porteront leurs fruits d'ici une vingtaine d'années.

Malgré la fragilité de la situation, Mehdi Jomâa estime que toutes les conditions sont favorables pour que la Tunisie se redresse. "Nous avons une des meilleures équipes gouvernementales" a-t-il martelé. Or pour surpasser la crise, l'ancien chef du gouvernement souligne la nécessité de faire participer toutes les parties prenantes. Il a affirmé que le gouvernement d'Union nationale dispose d'un soutien confortable, surtout que toutes les parties ont manifesté leur engagement à prendre leurs responsabilités.

En mars 2017 l'ancien chef du gouvernement a lancé son nouveau parti et officialisé son come-back politique après une absence d'environ trois ans. Un parti, qui selon lui, représente une nouvelle alternative aux partis présents sur la scène politiques. Avec une nouvelle vision participative, une stratégie de réformes et une équipe de compétences variés, l'ancien locataire de la Kasbah estime créer le changement dans l'échiquier politique.

Cependant depuis quelques jours le parti passe par une crise. Trois membres fondateurs ont annoncé, mercredi, leur démission du parti. Il s'agit de Sana Ghenima et Lotfi Saïbi, deux grandes figures de la société civile et du management et de Souheïl Nabli, autre membre fondateur du parti. Ces derniers n'ont pas évoqué les raisons qui les ont poussés à jeter le torchon."Notre ambition étant d’ancrer un changement profond pour une Tunisie qui saigne, d’instaurer le projet transformateur dont rêvent les Tunisiens et de faire la politique autrement pour un avenir radieux, nous continuerons à porter ce rêve et cette ambition pour notre patrie" indiquent-ils dans un communiqué de presse rendu public.

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