Pour la présidente du patronat tunisien Wided Bouchamaoui: "Nous vivons une crise morale"

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BOUCHAMAOUI
Tunisian Union of Industry, Trade and Handicrafts (UTICA) President and Nobel peace price laureate Wided Bouchamaoui reacts during a session at the Medef summer university in Jouy-en-Josas, near Paris, on August 31, 2016. / AFP / ERIC PIERMONT (Photo credit should read ERIC PIERMONT/AFP/Getty Images) | ERIC PIERMONT via Getty Images
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La Tunisie, de la crise économique à la crise morale. C'est le message qu'a voulu passer Wided Bouchamoui, présidente de l'UTICA, dans une interview accordée, mardi, à Express Fm. "On vit une crise morale" a-t-elle martelé. "On critique tout, on dénigre tout et on veut qu'on soit tous moins que rien" a-t-elle déploré. Et d'ajouter "si quelqu’un gagne de l’argent, on dira qu’il l’a volé. Si quelqu’un décroche un marché, on dira qu’il est pistonné. Ce n’est pas possible de continuer comme ça".

Bouchamaoui a souligné la nécessité de mettre un terme à ce phénomène, et ce par la mise en place d"un contrat de responsabilité" où les partis politiques, les organisations et toutes les composantes de la société civile s'engagent ensemble dans la lutte contre le dénigrement et la diffamation. Elle a jugé impératif de recouvrer le prestige de l'État et de respecter les lois afin de pouvoir avancer.

La présidente de l'organisation patronale a évoqué, par ailleurs, l'incident de l'agression de ses locaux. "C'est une ligne rouge" qui a été franchie a-t-elle averti. Elle a qualifié d'inadmissible ce qui s'est passé tout en mettant l'accent sur ses bonnes relations avec l'UGTT. "Nous avons choisi le dialogue" a-t-elle noté.

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Sans entreprises, il n'y a ni investissements, ni emplois

Bouchamaoui a également défendu les hommes d’affaires. Elle a fait savoir que "ce sont eux qui prennent les risques et qui investissent". Elle a indiqué que si ces derniers préfèrent garder leur argent et refusent d'investir, cela aura des répercussions graves sur l’économie et sur l’emploi.

Revenant sur le projet de loi des Finances 2018, Bouchamaoui a recommandé principalement la baisse des impôts, l'élargissement de l'assiette fiscale, l'exonération des entreprises totalement exportatrices. Elle indiqué qu'il n'est pas question d'accepter de nouvelles augmentations des charges patronales, ni même pour les employés.

Elle a estimé que la relance de l'économe tunisienne ne pourrait être effective qu'avec une grande efficacité, un plus grand courage et une rapidité dans l'action.

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