Un sit-in, ce soir devant le parlement, pour l'abolition de la peine de mort

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PRISON MOROCCO
Suspects in the Ansar el Mehdi (Mehdi Partisans) trial arrive at the courthouse in Sale, near Rabat November 22, 2007. 50 Moroccans have been accused of plotting to overthrow the monarchy that has ruled Morocco for almost five centuries and to replace it with an Islamic state. They face up to 30 years in prison if convicted, according to court officials. REUTERS/Rafael Marchante (MOROCCO) | Rafael Marchante / Reuters
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COMMÉMORATION - Pour ne pas oublier. La Coalition marocaine contre la peine de mort célèbre la 15e journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre, en observant, ce mardi soir, un sit-in symbolique devant le parlement à Rabat à partir de 18h. Dans un communiqué, la Coalition marocaine estime que cette célébration en soi reste, pour elle, l’occasion de réitérer l’importance de la sensibilisation de l’opinion publique sur l’abolition de la peine de mort. "Peine inhumaine et sauvage", celle-ci représente "une grave violation du droit sacré à la vie", indique-t-elle en rappel des principes pour lesquelles elle milite.

Et pour préserver ce droit à la vie, la Coalition marocaine appelle à une prise de conscience législative. Elle réitère ainsi sa principale revendication qui est "l’abrogation définitive de la peine de mort du code pénal". Suspendue depuis 1993, la peine de mort reste toujours inscrite au code pénal même si elle n’est pas exécutée.

La Coalition marocaine appelle aussi le gouvernement à adopter le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. Ce dernier a été adopté et proclamé par l'Assemblée générale du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDR) dans sa résolution 44/128 du 15 décembre 1989.

Cette année, la Coalition mondiale contre la peine de mort attire l’attention sur l’aspect "discriminatoire" de la peine de mort. Elle estime, en effet, que "les personnes vivant dans la pauvreté sont plus susceptibles d’être passibles de la peine de mort". Sur son site, elle souligne que "les inégalités sociales et économiques nuisent à l’accès à la justice des personnes condamnées à mort", explicitant entre autres raisons le fait que "l’accusé dans une telle situation d’inégalité manque souvent de ressources (sociales, économiques, culturelles mais aussi de pouvoir) pour se défendre et sera le plus souvent marginalisé en raison de son statut social".

La dernière exécution au Maroc ayant eu lieu en 1993, le royaume est considéré comme un pays abolitionniste de fait. Cependant, 92 prisonniers au Maroc se trouvent aujourd'hui "dans les couloirs de la mort". Cinq d'entre eux ont été condamnés en 2015, tandis que 35 autres ont vu leur peine capitale remplacée par des peines de prison, après une grâce royale.

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