En réaction à l'affaire du Bisou: L'intellectuelle tunisienne Raja Ben Slama propose un festival de l'amour et des baisers

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Burning Man participant Dustin Smith kisses his wife Rebecca Wyatt as they are married in the middle of the desert during the 4th day of the annual Burning Man arts and music festival in the Black Rock Desert of Nevada, U.S. August 31, 2017. Picture taken August 31, 2017. REUTERS/Jim Bourg FOR USE WITH BURNING MAN RELATED REPORTING ONLY. FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. NO THIRD PARTY SALES. NOT FOR USE BY REUTERS THIRD PARTY DISTRIBUTORS | Reuters Photographer / Reuters
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Alors que la polémique enfle autour de l'affaire du bisou, l'intellectuelle tunisienne Raja Ben Slama- connue pour ses prises de positions iconoclastes- a réagi en appelant à l'organisation d'un festival de l'amour et des baisers en Tunisie. "Je n'ai pas à rougir d'une telle position", a-t-elle affirmé au HuffPost Tunisie.

"Cette affaire est entachée de vices de procédures comme l'ont montré plusieurs juristes. Sur le fond, le juge a écarté une interprétation harmonisée avec les principes de libertés individuelles et de respect de la vie privée consacrés par la Constitution, pour pencher vers une lecture rétrograde, moralisatrice et liberticide de la législation actuelle, sachant que celle-ci doit être abrogée en toute urgence", a expliqué l'universitaire tunisienne qui est aussi la directrice générale de la Bibliothèque nationale.

Elle appelle, en effet, à l'abolition des lois qui répriment la liberté des individus de disposer de leur corps à l'instar de l'article 230 de Code Pénal criminalisant l'homosexualité, et "celles qui sous couvert de l'atteinte aux bonnes moeurs bafouent les libertés".

"Nous avançons sur certaines questions comme la levée de l'interdiction du mariage de la Tunisienne avec un non-musulman mais beaucoup reste à faire et on est assez lent concernant les réformes législatives et judiciaires", déplore-t-elle.

Pour Raja Ben Slama, cet acharnement contre les manifestations des signes d'amour témoigne d' "un déficit d'amour". "Quand on est enclin à prêcher la haine, l'hostilité, c'est qu'on est nous-même en manque d'amour", renchérit-elle.

Et d'ajouter: "Dans un monde où l'homme tue son semblable avec autant de sang froid, il est salutaire de prôner l'amour d'autrui, la piété, les valeurs universelles humaines". C'est dans ce sens que Raja Ben Slama propose un festival pour "célébrer l'amour et échanger des baisers dans l'espace public". "Ce n'est pas seulement l'affection amoureuse dans un couple, mais celle qu'on voue pour nos parents ou encore nos amis" a-t-elle conclu.

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