Direction générale de l'Unesco: La bataille s'annonce serrée

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CANDIDATS UNESCO
Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari, Audrey Azoulay Présidence et Moushira Khattab | Unesco
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CULTURE - Les jeux ne sont pas encore faits dans la course à la direction de l'Unesco. Mais après des mois de campagne acharnée, c'est le Qatari Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari qui a remporté, lundi soir, le premier tour de l'élection du futur directeur général de l'organisation culturelle mondiale, devant la Française Audrey Azoulay, fille du conseiller du roi Mohammed VI, André Azoulay, rapporte L'Opinion.fr.

Le quotidien français révèle ce mardi que l'ancien ambassadeur du Qatar auprès de l'Unesco et ex-ministre qatari de la Culture est arrivé en tête du premier scrutin avec 19 voix obtenues auprès des 58 membres du conseil exécutif de l'Unesco, contre 13 pour Audrey Azoulay et 11 pour l’Égyptienne Moushira Khattab.

Une première place bienvenue pour le petit émirat du Golfe, boycotté par ses voisins depuis juin dernier, accusé de financement du terrorisme. "Empêtré dans une guerre de voisinage avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, le Qatar mise sur un succès diplomatique à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture", explique L'Opinion.

Un score qui crée la surprise

Le score obtenu par le candidat qatari a créé la surprise. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Abu Zeid, a indiqué dans un message à la télévision d'Etat égyptienne que le Caire ne s'attendait pas à ce que al-Kawari soit en tête du scrutin, rapporte le site Ahram Online. "Il y a beaucoup de points d'interrogation sur le fait que le candidat qatari obtienne ce nombre de voix", a-t-il déclaré. "Il n'était pas prévu que ce candidat gagne ce nombre [de voix] pour de nombreuses raisons".

Sans entrer dans les détails, le responsable égyptien a cependant indiqué que l'Egypte avait prévu "plus de voix" pour sa propre candidate, "sur la base des accords conclus avec les pays africains" après un intense travail de lobbying.

Pour l'ambassadeur d’Israël auprès de l’Unesco, Carmel Shama-Hacohen, ce vote est "une mauvaise nouvelle pour l’organisation et malheureusement, pour Israël aussi", a-t-il indiqué au quotidien Times of Israel, rappelant cependant que "le premier tour n’indique pas nécessairement qui sera le vainqueur". L'actuelle directrice de l'Unesco, Irina Bokova, n’avait remporté que sept voix au premier tour avant d’être élue.

Reste à départager les six candidats encore en lice. Derrière le trio de tête, la Libanaise Vera El Khoury Lacoeuilhe est arrivée 4e avec 6 voix, suivie du Chinois Qian Tang (5 voix), et du Vietnamien Pham Sanh Chau (2 voix). L'Azerbaïdjanais Polad Bülbüloglu (2 voix) s'est retiré de la course ce mardi, selon le site de l'Unesco.

Deux autres candidats qui avaient présenté leur candidature se sont retirés avant le premier tour: Saleh Al-Hasnawi (Irak) et Juan Alfonso Fuentes Soria (Guatemala).

Aucun dirigeant arabe depuis la création de l'Unesco

Le deuxième tour de l'élection aura lieu ce mardi après-midi. Si aucun candidat n’obtient la majorité requise (30 voix), un troisième tour aura lieu mercredi, et un quatrième jeudi si les membres du conseil exécutif ne s'accordent toujours pas. Si aucun candidat n’obtient la majorité requise, un dernier vote aura lieu vendredi soir entre les deux candidats qui ont obtenu le plus de voix au quatrième tour. S'ils réunissent le même nombre de voix, le président décidera par tirage au sort entre les deux.

Soutenue par la France, Audrey Azoulay, ancienne ministre française de la Culture, avait profité de son passage à Rabat en juin dernier pour faire campagne en visitant deux sites inscrits au patrimoine de l'Unesco, la Tour Hassan et la nécropole mérinide du Chellah.

Sa candidature et ses nombreux soutiens français, dont des célébrités comme le réalisateur Costa-Gavras, ne font pas que des heureux dans les pays de la région MENA, qui souhaitent - de manière tacite - qu'un candidat né dans la région soit nommé à la tête de l'institution onusienne de la culture. Depuis sa création en 1945, celle-ci n'a en effet jamais été dirigée par un représentant d'origine arabe.

Le ou la candidat-e élu-e remplacera la Bulgare Irina Bokova, à la tête de l'Unesco depuis 2009. Le directeur général est élu pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Le retrait en 2011 des financements américains et israéliens à l'Unesco, suite à la décision d'intégrer la Palestine en tant que membre à part entière de l'instance, a plongé celle-ci dans une importante crise diplomatique et financière.

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