Plus de 40% des Tunisiennes souhaitent rejoindre l'Europe clandestinement selon la FTDES

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MIGRATION BOAT
Migrants are seen on a capsizing boat before a rescue operation by Italian navy ships "Bettica" and "Bergamini" (unseen) off the coast of Libya in this handout picture released by the Italian Marina Militare on May 25, 2016. Marina Militare/Handout via REUTERS ATTENTION EDITORS - THIS PICTURE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. FOR EDITORIAL USE ONLY. TPX IMAGES OF THE DAY | Handout . / Reuters
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Plus de 40% des Tunisiennes souhaitent rejoindre l'Europe clandestinement, révèle Messoud Romdhani, président du Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES), dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm.

Entre janvier et septembre 2017, le nombre de Tunisiens arrivé en Italie d'une façon non réglementaire, selon l'Organisation internationale pour les migrations, était de 2700, dont 1400 sont arrivés au mois de septembre. Ce chiffre était de 1200 en 2016 et de 880 en 2015, indique le FTDES dans le cadre d'une conférence de presse tenue ce lundi 9 octobre 2017, pour présenter son rapport sur l'immigration clandestine.

Selon Romdhani, 2000 Tunisiens ont réussi à rejoindre clandestinement les côtes italiennes au cours des mois de Juillet, août et septembre 2017.

Ils sont majoritairement des jeunes non-diplômés, âgés entre 20 et 30 ans

En 2016, 5% des personnes qui ont été arrêtées pour migration irrégulière étaient des femmes, précise le FTDES. Il a fait savoir que parmi les 1652 personnes arrêtées pour immigration clandestine au cours des huit mois de l'année 2017, figurent 1384 Tunisiens.

67% des personnes qui ont quitté le sol tunisien de façon non règlementaire étaient âgées entre 20 et 30 ans. La plupart d'entre eux étaient des jeunes non diplômés au chômage ou dans des emplois précaires, ajoute le FTDES.

Avortement de 164 opérations d'émigration non réglementaire entre janvier et septembre 2017

Les 164 opérations d'émigration non règlementaire interceptées de janvier à septembre 2017 représentent presque la moitié du nombre des opérations interceptées en 2011 qui se situait à 283.

D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur cités dans le rapport de la FTDES, durant le premier semestre de 2017, 54 opérations d'émigration non règlementaire sur le sol tunisien ont été interceptées.

612 personnes ont été arrêtées dont 197 étaient de nationalité étrangère (32,2%). Les nationalités les plus fréquentes étaient le Nigeria 36,45%, la Côte d'Ivoire 25,38% et la Gambie 9,64%.

Le rapport indique que onze trafiquants ont été arrêtés durant le premier semestre de 2017, tous étaient de nationalité tunisienne.

Sfax, lieu de départ de la majorité des migrants clandestins

Les gouvernorats depuis lesquels les opérations de migration irrégulière ont été interceptées, de juillet à septembre 2017, sont Sfax (41,42%), Bizerte et Médenine (12,85%).

De nouveaux moyens de transport plus sophistiqués

D'après le rapport, les moyens de transport maritime saisis durant le premier trimestre de 2017 étaient au nombre de 21 dont 51,1% étaient des bateaux rapides alors que pendant les années précédentes, les bateaux de pêche étaient les plus utilisés puisqu'ils sont moins chers et transportent un plus grand nombre de personnes.

Qu'est ce qui pousse ces jeunes à risquer leur vie?

Le président du FTDES a souligné que le désespoir et l'absence de perspectives et d'horizons prometteurs sont les principales raisons qui poussent les jeunes à s'aventurer et à émigrer vers l'inconnu incertain dans l'espoir de changer leurs conditions de vie.

D'autres raisons ont été citées par l'intervenant comme les raisons économiques et sociales, la faible performance des gouvernements successifs, la multiplication des raisons de contrebande ainsi que l'impact du contenu des réseaux sociaux sur les jeunes indécis.

Quelle est la solution?

Romdhani a mis l'accent sur l'importance de mobiliser les sociologues et les psychologues pour examiner les moyens de faire sortir les jeunes du désespoir appelant également les politiciens à créer des mécanismes pouvant attirer les jeunes et les aider à réhabiliter leur confiance en un avenir meilleur dans leur pays.

Dans ce contexte, il a fait remarquer que l'abandon scolaire et l'absence de perspectives poussent les jeunes non seulement à la migration mais aussi au suicide et à l'adhésion aux groupes terroristes.

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