Une approche participative visant la réhabilitation des victimes de violence et de torture

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TORTURE TUNISIA
FETHI BELAID via Getty Images
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La secrétaire d’Etat à la santé, Sonia Ben Cheikh a déclaré, samedi à La Manouba, qu’une approche participative entre les ministères de la santé, de l’intérieur, de la justice et des affaires sociales d’une part et les composantes de la société civile, d’autre part est en cours d’élaboration.

Elle vise, a-t-elle dit, à réhabiliter les victimes de violence et de torture dans le cadre d’une approche multidisciplinaire qui tient compte des aspects médicaux, juridiques et socio-économiques.

La secrétaire d’Etat qui présidait, à l’hôpital psychiatrique Eraazi, l’ouverture des travaux d’une rencontre scientifique sur l’assistance aux victimes de violence, a souligné que les efforts de toutes les parties sont conjugués dans le cadre d’une stratégie nationale globale pour lutter contre toutes les formes de violence, en particulier la violence à l’égard des femmes afin de prendre des mesures pour éradiquer ce phénomène qui constitue une violation flagrante des droits de l’homme.

Il s’agit, selon elle, de renforcer la législation et d’encourager la création de centres spécialisés, tout en œuvrant à soutenir les programmes communs qui visent à garantir une prise en charge multidisciplinaire des femmes et enfants victimes de violence.

Pour sa part, Anissa Bouascar, médecin à l’hôpital Errazi et professeur à la Faculté de médecine de Tunis, a indiqué que cette rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre des travaux pratiques dispensés aux étudiants du certificat d’études complémentaires dans la psychologie des victimes de la criminalité.

Elle a ajouté que ce diplôme qui est le premier du genre en Tunisie, vise à apprendre aux étudiants comment élaborer une stratégie participative entre les différentes parties intervenantes en vue de lutter contre toutes les formes de violence.

Les participants à cette rencontre ont pris connaissance de l’expérience belge dans la prise en charge commune des femmes violentées à travers une intervention de la présidente d’une association belge de défense des femmes violentées.

Les interventions ont porté, également, sur les droits des femmes ou des filles victimes de violence en vertu des dispositions de la loi contre la violence à l’égard des femmes, en particulier en ce qui concerne leur droit à la protection juridique de manière à préserver leur sécurité, leur intégration physique et morale et leur dignité tout en veillant au respect de leur vie privée.

Il s’agit, aussi, a-t-elle dit, de leur garantir une aide juridique, un suivi médical et psychologique, un accompagnement social approprié ainsi que l’écoute et l’hébergement en cas de besoin.

Le programme de cette rencontre a porté, également, sur les programmes et stratégies du ministère de la femme en matière de protection et de prise en charge des femmes victimes de violence ainsi que des mécanismes chargés de sa protection au sein du ministère de l’Intérieur.

Cette rencontre scientifique a été organisée par la faculté de médecine de Tunis en collaboration avec l’association Tunisienne de Psychiatrie et L’institut tunisien de réhabilitation des survivants de la torture.

Des étudiants, des représentants des centres de conseils et d’orientation familiale ainsi que des centres d’hébergement, de protection et d’autonomisation des femmes et des filles victimes de violence ont pris part à cette rencontre.

La Tunisie a fait de grands progrès au niveau des droits de l'Homme. La création de l'Instance nationale de prévention contre la torture (INPT) est une première la région du monde arabe, et est considérée comme une importante avancée.

La Tunisie vient d'être condamnée par le Comité des Nations-Unies contre la torture pour l'affaire de Rached Jaïdane, a révélé Camille Henry, l'attachée de presse de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), au HuffPost Tunisie. Cette dernière avance que la décision de l'organisme onusien a été prise le 6 août 2017 mais elle n'est pas encore publiée.

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