Elections communales: la candidature Abdelmalek Amellou rejetée par l'administration

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ALI MECILI
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La candidature de l'assassin présumé de l'opposant Ali Mécili, Abdelmalek Amellou, qui conduit la liste du RND aux élections communales à Aït Rzine, a été rejetée par les services de la Direction de la Réglementation et des Affaires Générales (DRAG) de Béjaïa, a annoncé samedi 07 octobre 2017 Chafaâ Bouaiche, président du groupe parlementaire du Front des Forces Socialistes (FFS).

Le dossier de Abdelmalek Amellou figure parmi neufs autres que les services de la DRAG ont rejeté, pour divers motifs.

Sa candidature, révélée par M. Bouaiche, lors de son intervention durant le débat sur le plan d’action du gouvernement à l'Assemblée populaire nationale (APN), a suscité un tollé. Le FFS, via la voix de son porte-parole, a qualifié cette candidature de "crime contre l'Etat de droit", avant de dénoncer "une consécration du crime et de l'impunité" via un communiqué.

Lors de son intervention, M. Chafa Bouaïche, avait estimé que l'Algérie ne pourrait se développer "quand l’Etat de droit est cantonné dans les textes", affirmant que le FFS continuera "inlassablement à se battre au côté de la famille Mécili jusqu’à ce que justice soit rendu à notre camarade".

Le RND, dont le Premier ministre Ahmed Ouyahia est secrétaire général, s'est défendu en affirmant que la candidature de Abdelmalek Amellou "remplissait les conditions légales", la liste de ce parti pour la commune Aït Rzine a d'ailleurs été acceptée par les services de la DRAG avant que le dossier de l'assassin présumé de Ali Mécili ne soit rejeté.

Le FFS s'en "félicite"

Hassan Ferli, chargé de la communication du FFS, a estimé que le rejet de la candidature de Amellou est "une bataille de gagnée". Dans une déclaration au HuffPost Algérie, il a expliqué que ce rejet est "une victoire contre l'impunité et le crime".

Le même responsable a dit que le parti, qui n'a pas introduit une action juridique contre Abdelmalek Amellou, "rend hommage" à ses militants pour "avoir dénoncé, sans cesse depuis l'annonce de cette information, la candidature de l'assassin présumé de Ali Mécili.

Avocat, moudjahid et l'un des fondateurs du Front des forces socialistes (FFS), Ali Mécili a été assassiné le 7 avril 1987 de trois balles, dans le hall de son immeuble à Paris.

Hocine Ait Ahmed, l'un des chefs historiques de l'indépendance algérienne, exilé en Suisse, a accusé "les services spéciaux" algériens d'avoir commandité l'assassinat. Ali Mecili, réfugié en France depuis 1965, faisait office de porte-parole de M. Ait Ahmed.

Deux mois plus tard, les policiers français arrêtaient à Paris l'auteur présumé de l'assassinat, Abdelmalek Amellou, "un petit truand" selon M. Aït Ahmed, sur lequel était retrouvé un ordre de mission de la sécurité militaire algérienne signé du capitaine Hassani, à en croire les médias français de l’époque.

A l'issue de sa garde à vue, le suspect a été expulsé de France vers l'Algérie dans le cadre d'une procédure "d'urgence absolue", à la demande du ministère de l'Intérieur alors dirigé par Charles Pasqua et Robert Pandraud.

L'assassin présumé de Ali André Mécili s'est ainsi fait discret depuis ces événements, avant de se lancer visiblement dans une carrière politique.

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