Sahara occidental: le service de presse de l'ONU accusé de falsification, l'Algérie demande des précisions

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UNITED NATIONS WESTERN SAHARA
UN HEADQUARTERS, NEW YORK, NY, UNITED STATES - 2016/04/29: The ten Council delegates voting in favor of renewal of thed Western Sahara mission raise their hands during the vote count. On the eve of the expiration for the current mandate for the Mission for the Referendum in Western Sahara (MINURSO), and amid an increasingly acrimonious dispute between the UN Secretary-General and Morocco, the United Nations Security Council voted to renew the peacekeeping mission's mandate as Security Council Re | Pacific Press via Getty Images
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Le service de presse des Nations unie est accusé de "manipulation" et de "falsification" après avoir "dénaturé" mercredi dernier les propos de plusieurs intervenants aux travaux de la quatrième commission de la décolonisation. Selon plusieurs participants à cette réunion annuelle, cet organe de presse est même allé jusqu'à attribuer des propos qualifiés de "pro-marocains" à des dirigeants sahraouis et des militants pour la cause... avant que ceux-ci ne prennent la parole lors de cette assemblée.

L'Algérie a exigé vendredi des "précisions", évoquant "une possible manipulation destinée à faire dévier cette section onusienne de sa mission d’informer fidèlement l’opinion internationale".

Ces faits se sont déroulés mercredi dernier, lors de la tenue des travaux de la quatrième commission de la décolonisation. Le service de presse onusien a commis ce jour-là un "grave dérapage", en "déformant les propos de plusieurs intervenants, venus témoigner leur soutien à la cause sahraouie".

Les Nations unies ont d'abord publié des propos attribués à une militante américaine de la cause sahraouie et présidente de l'association US Western Sahara Foudation, Suzanne Scholte, selon lesquelles elle considérait le "projet d'autonomie du Maroc comme le meilleur moyen d'assurer le bonheur du plus grand nombre de sahraouis".

Mme. Scholte a démenti ces "faux témoignages". "Je n’ai pas évoqué le plan d’autonomie du Maroc, j’ai appelé au retrait du Maroc du Sahara Occidental occupé". Elle s'est interrogée si le service de presse de l'Onu a été "forcé ou soudoyés", dénonçant "une machine à corrompre de Rabat". "Au cours des prochains jours, vous écouterez des personnes intègres venues du monde entier et qui croient au droit à l'autodétermination et aux principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme".

"Mais tenez-vous prêts, parce que vous allez écouter également une partie de la propagande la plus farfelue et la plus extravagante, financée par le roi du Maroc pour faire taire la vérité et entraver le progrès vers (le règlement) de cette question", a-t-elle ajouté.

Des propos imaginaires, le compte-rendu retiré

Cet organe onusien est même allé jusqu'à publié jeudi une déclaration, qualifiée de "pro-marocaine" encore, du représentant du Front Polisario auprès de l'Onu, Ahmed Boukhari alors que ce responsable n'avait pas encore pris la parole à cette quatrième commission.

Dans ces déclarations "imaginaires", M. Boukhari a accusé le Front Polisario de corruption et renoncé à sa cause en acceptant le plan d’autonomie du Maroc.

Le président de la quatrième commission, Rafael Dario Ramirez Carreno, saisi vendredi de cette affaire, a dénoncé "la gravité de cette falsification" et appelé le service presse de l’ONU à assumer ses responsabilités. Le Vénézuélien a jugé "grave" d’attribuer des propos à une personne qui n’a pas encore pris la parole, en évoquant le cas de M. Boukhari.

Le service de l’actualité et des contenus de l’ONU a décidé de retirer son compte rendu initial.

Ahmed Boukhari, contacté par l'agence de presse algérienne, a annoncé que le Front Polisario "demande une enquête sur ce grave dérapage". Il a affirmé qu'il va "poursuivre en justice ceux qui sont à l’origine de cette falsification".

Le diplomate sahraoui a affirmé que "toute la couverture des travaux de la quatrième commission était contaminée par la position marocaine".

Les comptes rendus quotidiens publiés par l’ONU étaient "déséquilibrés, rédigés de sorte à avantager la thèse du Maroc sur le Sahara Occidental. Les auteurs se sont permis d’émettre des commentaires, d'avancer des analyses, alors qu’ils devaient se limiter à rapporter des déclarations, ont soutenu plusieurs participants", rajoute-t-il.

"Dérapage planifié", l'Algérie exige des précisions

Le représentant du Front Polisario aux Nations unies a ensuite affirmé que ce dérapage était "planifié" par ce service de l'ONU, "envahi d'agents marocains qui sont allés à l’extrême falsification en m’attribuant des propos pro-marocains, alors que je n’ai pas encore pris la parole".

Vendredi, l’Algérie a exigé des précisions sur cette affaire, évoquant "une possible manipulation destinée à faire dévier cette section onusienne de sa mission d’informer fidèlement l’opinion internationale.

"Nous demandons qu’une mise au point soit publiée sur le site Web de l’ONU et que le représentant du département de l’information (DPI) se présente devant cette commission pour nous expliquer ce qui s’est passé ", a déclaré Mohamed Bessedik, ambassadeur adjoint de l’Algérie auprès de l’ONU, lors du débat de la quatrième commission de la décolonisation.

"Il est de son devoir de nous expliquer comment ses impairs ont été commis", a-t-il ajouté. Le DPI doit, selon lui, "présenter des excuses", après le tort qu’il a causé aux personnes concernées.

S’agit il "d’une erreur commise volontairement ou bien par inadvertance, si c’est par inadvertance c’est (également) injustifiable, a-t-il soutenu.

Lors de cette 4e Commission de décolonisation de l'ONU, des pétitionnaires ont indiqué que les Nations Unies doivent mettre fin au blocage du processus de paix au Sahara occidental en organisant un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, soulignant qu’il était temps pour l’organisation onusienne de se "libérer des intérêts égoïstes" de quelques pays

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