Le Cosplay, véritable phénomène chez les jeunes au FIBDA

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Sur les esplanades réservées à l’accueil du dixième édition du Festival International de la bande dessinée d'Alger (FIBDA), se détachent des silhouettes aux tenues colorées et atypiques captant l'attention des jeunes et moins jeunes. Ce sont les accrocs du Cosplay. Une activité qui consiste à se déguiser en personnages inspirés de mangas, bande-dessinées, comics ou appartenant à l’univers des jeux vidéo. Une vraie attraction pour les amateurs de cet art et une forte participation au concours qui lui est consacré.

Au milieu des chapiteaux de vente de bande-dessinée ou de produits venus directement du Japon, l’œil est vite capté par ces silhouettes aux tenues colorées et décalées parcourant la foule. Naruto ou Kakashi, traversent l'esplanade et prennent des photos avec les visiteurs. Mais comment est née cette passion et cet engouement pour le Cosplay, activité inconnue en Algérie il y a à peine quelques années?

Pour Hana, jeune femme déguisée en personnage issu de la culture manga, c'est sa passion pour les "animes" qui l'a poussée à participer à l'événement :

"J'ai découvert le Cosplay sur Internet dans des festivals internationaux au Japon et aux USA par exemple. C'est vraiment génial qu'on puisse reproduire la même chose ici. "

Ayman Pendola, jeune cosplayeur, considère quant à lui, que c'est "l'aspect théâtral" qui exerce le plus d'attraction sur lui. Déguisé en "Joker", personnage emblématique que l'on retrouve dans plusieurs comics, films, jeux vidéos et films d'animation, ce jeune homme est devenu une star de cette dixième édition du FIBDA. Maquillage identique à celui du personnage qu'il mime et tenue sur mesure, le Joker est plus vrai que nature.

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(A droite, Ayman Pendola, Cosplayer algérien. A gauche, le "vrai" Joker dans Batman.)

La particularité de ce cosplayer lui vient de sa parfaite représentation du personnage. Ayman ne se contente pas de lui emprunter son costume. Il "rentre" réellement dans le personnage et imite ses mimiques, sa voix et son comportement effrayant.

Et ce rôle de "méchant", le jeune cosplayer le prend très au sérieux. Pas question pour lui de sourire à ses "fans."Même quand ils sont très jeunes. Mi-effrayés, mi-impressionnés, des enfants s'approchent du Joker en quête de photos mais osent à peine s'adresser à lui.

Très prisé par les visiteurs, le personnage du Joker, si bien incarné, est très demandé pour les photos. Les selfies s'enchaînent et Ayman joue le jeu, se comporte exactement comme le personnage dont il joue le rôle. Tirant de ses poches un couteau tâché de sang qu'il a fabriqué lui-même, Ayman devient vraiment le Joker pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Pour ce cosplayeur qui participe au festival depuis l'année 2013, ce n'est pas la première fois qu'il prend son rôle avec autant de sérieux. Il donne pour exemple l'édition où il s'est déguisé en personnage de Link où il ne s'est pas contenté d'imiter l'aspect physique.

Comme dans la série de jeux vidéo Zelda, Ayman alias Link n'a pas prononcé un seul mot pendant les cinq jours du festival.
"Quand j'ai pris le rôle d'un personnage qui avait un peu perdu la tête, je m'amusais à utiliser des phrases sans aucun sens" ajoute-t-il avec un sourire.

Un sens de la comédie qui semble naturel chez ce jeune homme qui n'a pourtant jamais fait de théâtre auparavant. Une qualité qui est appréciée par les visiteurs, ravis du spectacle. Sarah, universitaire et adepte de cosplay se vante d'avoir pris des photos avec "tous les cosplayers".

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"Cette année, les déguisements sont de plus en plus différents et variés. Avant, nous n'avions principalement que des cosplayeurs avec des déguisements issus de la culture japonaise, mais cette année, il y a un véritable rebond de créativité", précise cette fan.

Fan inconditionnelle, elle ne s'est pourtant pas décidée à franchir le cap de la participation. Par timidité, Sarah préfère rester spectatrice et ne pas tenter l'expérience du cosplay de peur d'attirer trop de "curieux".

"Je ne me sens pas assez à l'aise pour pouvoir prendre la tenue de Hinata par exemple. J'adorerais le faire mais je n'ose pas encore. L'année prochaine peut-être", ajoute la jeune fille.

Une majorité masculine plus qu'évidente sur l'esplanade Riad El Feth. Mais quelle est la raison de cette tendance?
Pour Sabri Benbassit, étudiant à l'école des Beaux-Arts et cosplayer depuis 2012, il s'agit d'une question "d'idéologie".

"Les hommes se sentent plus libres, plus en confiance et osent plus les déguisements un peu décalés. Alors que les jeunes filles ont tendance à rester en retrait.", il précise.

Dans cette édition du FIBDA, on compte environ trois garçons pour une fille, ajoute le jeune homme. Une tendance que l'on retrouve en Algérie seulement puisqu'à l'étranger, ce ratio est souvent inversé. Un déséquilibre que l'on pourrait expliquer par la complexité des déguisements féminins, qui demandent un accoutrement parfois plus travaillé. Il y a quelques années, aucun magasin ne proposait de lentilles ou de perruques. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Des commerces proposent des produits spécialement adaptés au cosplay :

"Les choses sont beaucoup plus faciles aujourd'hui pour les amateurs de cosplay, ce qui leur a permis de s'améliorer. Depuis 2014, il y a des magasins qui disposent de perruques de très bonne qualité", précise Sabri qui avait utilisé une vieille perruque de sa tante à ses débuts.

Même si des accoutrements sont mis à la disposition des cosplayeurs en herbe, hors de question pour certains de céder à la facilité et d'acheter des costumes "tout prêt". A titre d'exemple, Ayman, le Joker a fabriqué son costume lui-même en cousant une veste, une chemise de manière à ce qu'elle soit identique à l'originale.
Un autre cosplayeur aux ailes d'ange arbore fièrement son costume fabriqué à base... de sachets poubelle.

Pour atteindre "LE" déguisement parfait, ces jeunes n'économisent pas leurs efforts et laissent libre cours à leur imagination. Une créativité débordante qui offre un défilé de couleurs et de déguisements tous aussi originaux les uns que les autres.

Un travail acharné de la part des cosplayers qui seront récompensés par de nombreux prix, décernés par l'ONDA, partenaire du FIBDA et par un jury.

Pour pouvoir départager les quatre-vingt candidats inscrits à la compétition, ils doivent monter sur scène face au jury et au public. Ils doivent ensuite mettre en place une chorégraphie ou une présentation de quelques minutes, accompagnés ou non de musique et de figurants.

Pour pouvoir prétendre au grand prix du meilleur Cosplay, les participants seront jugés sur "la qualité du costume, la gestuelle et les postures du candidat et l’originalité de la mise en scène". Le jury tiendra compte également des valeurs positives exprimées par le costume et le personnage : l’humour, la générosité, l’amitié, la solidarité, l’esprit d’échange. "précisent les organisateurs.

Même si le FIBDA est l'événement qui amasse le plus de participants et qui a le plus de succès, ce n'est pas le seul événement qui met à l'honneur à la page ces dernières années. Des concours ont déjà été organisés lors des Geeks Days, du Chibi SJS et du NACL qui a eu lieu au mois de septembre dernier.

Un engouement qui ne cesse d'augmenter et qui permet aux jeunes de développer leur créativité. L’Office National des Droits d’Auteurs et droits voisins (ONDA) a même décidé d'encourager ces jeunes en leur octroyant un statut officiel avec une carte d'artiste.

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