Tunisie: La tension monte entre la centrale patronale et la centrale syndicale

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UGTT UTICA
Tunisian secretary of the General Union of Tunisian Workers 'UGTT', Noureddine Taboubi, talks with Tunisian Union of Industry, Trade and Handicrafts (UTICA) President and Nobel peace price laureate Wided Bouchamaoui, as they attend an official speech delivered by the Tunisian President Beji Caid Essebsi (unseen) on May 10, 2017 in Tunis.Essebsi said that the army will protect the output of Tunisia's main resources from being disrupted by protests over social and labour issues. / AFP PHOTO / FETH | FETHI BELAID via Getty Images
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Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, a refusé l'invitation de Wided Bouchamaoui, présidente de l’UTICA, à participer aux négociations avec la présidence du gouvernement, pour régler certains problèmes liés à des accords d’augmentations salariales. "Les négociations sont finies," a-t-il martelé dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm. Il a indiqué que les accords ont été signés avec l'organisation patronale et qu'il ne voit pas l'intérêt de se mêler dans des négociations qui concernent l'organisation patronale et le gouvernement. D'après lui, ce dossier est clos.

Selon Taboubi, le nouveau round des négociations sociales portant sur l'augmentation des salaires au profit du secteur public et des fonctionnaires, conformément à l'accord signé entre l'UGTT et le gouvernement, ainsi que dans le secteur privé après la signature du procès verbal avec l'UTICA, débutera en avril 2018.

En mars dernier, Tabboubi et Bouchamaoui ont signé le procès verbal relatif aux majorations salariales dans le secteur privé au titre de l’année 2016 et 2017.

En vertu de cet accord, les travailleurs du secteur privé bénéficieront d’une augmentation du salaire de base et des primes mensuelles de 6%. La majoration salariale au titre de l’année 2016 se fera avec un effet rétroactif à partir de 1er août 2016, quant à la majoration salariale au titre de l’année 2017, le versement a été fixé au mois de mai dernier.

La tension entre les deux parties monte d'un cran?

La tension entre la centrale syndicale et l'organisation patronale est à son comble ces derniers jours. En effet, le jeudi 5 octobre 2017, l'UTICA a publié un communiqué où elle condamne sévèrement l'agression perpétrée, jeudi, contre son siège par un groupe d'individus, conduits par la secrétaire générale de la Fédération générale des métiers et services relevant de l'UGTT.

“Ces individus ont pénétré par effraction et agressé les gardiens pour observer un sit-in dans le hall et causer un état de chaos”, a indiqué l’UTICA, dans son communiqué.

Le patronat a exprimé “son refus catégorique de ces pratiques barbares”, indiquant qu’il a entamé des procédures judiciaires contre les agresseurs.

L’UTICA a aussi dénoncé la conduite de la responsable syndicale qui a conduit le groupe d’agresseurs, estimant que cet incident pourrait affecter la relation entre les deux organisations partenaires.

L’UTICA a précisé que l’origine du conflit revient à “la grève, à laquelle a appelé l’UGTT, jeudi, dans le secteur du gardiennage pour revendiquer la signature d’un accord complémentaire d’une convention sectorielle, dont la chambre nationale des établissements de gardiennage s’est retirée depuis le 30 septembre 2015”.

L’organisation patronale a réitéré son respect pour “le droit de la grève dans le cadre du respect de la loi tout en soulignant la nécessité de régulariser les méthodes d’organisation de la grève”.

Une accusation qui a été formellement rejetée par l'UGTT. D'après Tabboubi, l'agression n'est pas été commise par les agents, comme le prétend l'UTICA. Il a noté, par ailleurs, qu'aucune augmentation salariale n'a été effective depuis 2014 en ajoutant que certains accords n'ont pas été appliqués.

L'UGTT menace d'une grève générale dans le secteur du transport des carburants

Le secrétaire général adjoint de l’UGTT Sami Tahri a annoncé que les transporteurs dans le secteur du carburant ont décidé d’observer une grève générale de trois jours à savoir les 12, 13 et 14 octobre courant, rapporte Nessma Tv.

Cette décision a été prise pour protester contre la non application des arrangements convenus relatifs aux augmentations salariales. Tahri a précisé que si la réunion de conciliation entre les deux parties, prévue pour ce lundi, n'aboutit pas à un consensus, la grève sera maintenue.

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