Nobel de la paix: l'ICAN s'en prend vivement à Trump

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Picture taken on September 13, 2017 shows activists of the International campaign to abolish Nuclear Weapons (ICAN) wearing masks of US President Donald Trump (R) and North Korea's leader Kim Jong-un as they demonstrate in front of the US embassy in Berlin.The world's nuclear powers must begin 'serious negotiations' aimed at disarmament, the Nobel committee said on October 6, 2017 as it awarded its prestigious Peace Prize to non-proliferation pressure group ICAN. / AFP PHOTO / dpa / Britta Peder | BRITTA PEDERSEN via Getty Images
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L'ICAN, récompensée par le prix Nobel de la paix pour sa lutte en faveur du désarmement nucléaire, a exprimé vendredi son malaise face à la présidence de Donald Trump, déplorant qu'"il n'y a(it) rien qui puisse être fait pour l'arrêter".

"L'élection du président Donald Trump a mis beaucoup de gens très mal à l'aise à l'idée qu'il puisse, à lui seul, autoriser l'utilisation des armes nucléaires et qu'il n'y a rien que les gens puissent faire pour l'arrêter", a déclaré lors d'une conférence de presse à Genève Beatrice Fihn, directrice de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), qui tweetait encore cette semaine que "Donald Trump est un débile".

Mme Fihn a aussi accusé vendredi le nouvel occupant de la Maison Blanche "de ne pas écouter les experts" et "de prendre des décision irrationnelles".

"C'est un moment de grande tension dans le monde, alors que les déclarations enflammées pourraient tous nous conduire très facilement, inexorablement, vers une horreur sans nom. Le spectre d'un conflit nucléaire plane à nouveau largement. S'il y avait un moment pour que les nations déclarent leur opposition sans équivoque aux armes nucléaires, ce moment serait maintenant", a affirmé la Suédoise.

"Les armes nucléaires n'apportent pas la sécurité et la stabilité", a-t-elle dit, assurant que les populations aux Etats-Unis, au Japon et en Corée du Nord "ne se sentaient pas particulièrement en sécurité".

Elle a également appelé les Etats-Unis et la Corée du Nord à dialoguer. "Les négociations ont montré qu'elles peuvent être efficaces", a-t-elle assuré, appelant aussi la communauté internationale à soutenir l'accord sur le nucléaire iranien, d'autant que "l'Iran se conforme à l'accord".

Objectif: fin 2018

Soixante-douze ans après les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, ce Nobel distingue une coalition d'ONG qui a poussé à l'adoption cette année d'un traité historique d'interdiction de l'arme atomique mais envoie aussi un message aux puissances nucléaires pour qu'elles entament des "négociations sérieuses" en vue d'éliminer leur arsenal.

Regroupant plusieurs centaines d'ONG, l'ICAN s'est mobilisée pour le traité d'interdiction de l'arme atomique, adopté par 122 pays le 7 juillet à l'ONU. Sa portée devrait cependant rester essentiellement symbolique puisque les puissances nucléaires ont toutes refusé d'y adhérer.

Ce traité entrera en vigueur une fois qu'il aura été ratifié par 50 pays, a rappelé Mme Fihn, précisant que l'ICAN s'attend à ce que cet objectif soit atteint "fin 2018".

"Nous sommes fiers d'avoir joué un rôle majeur dans sa création (...) Toute nation qui est à la recherche d'un monde plus pacifique, sans menace nucléaire, devra signer et ratifier cet accord crucial sans délai", relève l'ICAN dans son communiqué.

Le Nobel "est un hommage aux efforts inlassables de plusieurs millions d'activistes et de citoyens (...) dans le monde entier qui, depuis l'aube de l'ère atomique, ont vivement protesté contre les armes nucléaires", souligne l'ICAN dans son communiqué.

"C'est aussi un hommage aux survivants d'Hiroshima et de Nagasaki (...) et aux victimes des essais nucléaires à travers le monde".

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