Un élu américain anti-avortement voulait faire avorter sa maîtresse

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TIM MURPHY
U.S. Representative Tim Murphy (R-PA) chairs a House Energy and Commerce Oversight and Investigations Subcommittee hearing on the U.S. response to the Ebola crisis, in Washington October 16, 2014. REUTERS/Jonathan Ernst (UNITED STATES - Tags: POLITICS HEALTH) | Jonathan Ernst / Reuters
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AVORTEMENT - "Tu n'as aucun problème à publier partout tes positions anti-avortement alors que tu n'avais aucun problème à me demander d'avorter de notre enfant la semaine dernière, quand nous pensions que l'option se présentait à nous."

Le texto, envoyé le 25 janvier 2017 et rendu public ce mardi 3 octobre par la Pittsburg Post-Gazette, est acerbe. Et pour cause. L'auteure du court texte, Shannon Edwards, a été la maîtresse de Tim Murphy, élu Républicain depuis 2003 à la chambre des représentants, qui est davantage connu pour ses votes réguliers contre l'avortement.

La psychologue de Pittsburgh, âgée alors de 32 ans, pensait, à tort, être enceinte du politicien qui a le double de son âge. "Je comprends ce que tu dis sur mes messages à propos de la Marche pour la Vie", lui a-t-il répondu, par SMS. "Je ne les ai jamais écrit. C'est mon équipe qui le fait. Je les ai lu et ça m'a fait sourciller. J'ai dit à mon équipe de ne plus en écrire."

L'avortement après 20 semaines de grossesse, une "honte tragique"

La veille, il avait écrit sur Facebook: "Les États-Unis sont un des sept pays au monde qui permettent l'avortement volontaire à plus de la moitié de la grossesse (au-delà de 20 semaines). C'est une honte tragique que l'Amérique mène le monde pour ce qui est de rejeter et négliger les plus vulnérables."

Le jour même où la Pittsburgh Post-Gazette révélait qu'il voulait que sa maîtresse avorte, une loi était présentée dans la chambre des Représentants pour "protéger des enfants non-nés capable de ressentir la douleur". Il s'agissait d'interdire l'interruption volontaire de grossesse après vingt semaines, en dehors de certaines exceptions. Tim Murphy a bien entendu voté en faveur de la loi, approuvée à 55% par les élus.

Face au scandale, il ne se représentera pas aux prochaines élections

Le Républicain avait déjà été félicité pour ses positions sur l'avortement par le Family Research Council, une organisation opposée à l'avortement, à la pornographie, au divorce et aux droits LGBT. Il a également été soutenu par LifePac, poursuit la Pittsburgh Post-Gazette, une organisation également opposée à l'avortement, et est membre du groupe parlementaire anti-avortement à la chambre des Représentants.

Face au scandale, Tim Murphy a annoncé ce mercredi 5 octobre dans un communiqué de presse qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections.

Il avait rencontré Shannon Edwards alors qu'elle travaillait bénévolement sur un projet de loi sur la santé mentale avec lui, à l'automne 2015. Leur relation de travail est devenue amicale puis amoureuse, mais la psychologue se défend d'avoir eu le moindre rapport avec l'élu Républicain avant que son propre mariage soit tombé à l'eau. C'est alors qu'elle passait devant le tribunal pour son divorce que le journal local nord-américain a pu découvrir l'affaire.

Ce n'est pas la première fois aux États-Unis qu'un adversaire de l'IVG invite fortement une compagne à avorter. En 2015, l'élu Républicain Scott DesJarlais avait lui-même demandé à sa femme, et possiblement à sa maîtresse, de ne pas garder l'enfant qu'elles portaient, comme le rappelle Le Washington Post.

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