Catalogne: les séparatistes menacent de proclamer l'indépendance, Madrid reste ferme

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CATALONIA
BARCELONA, CATALONIA, SPAIN - 2017/10/03: Thousands of citizens protester demonstrate against the Spanish police at the police headquarters.Catalans protest against police violence after Catalonia's independence referendum, that had been banned by the Spanish Government. More than 800 people were injured in the Spanish police crackdown on voters during the referendum. (Photo by Brais G Rouco/SOPA Images/LightRocket via Getty Images) | SOPA Images via Getty Images
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Les dirigeants séparatistes de la Catalogne répètent qu'ils vont proclamer l'indépendance dans les prochains jours malgré l'avertissement du roi d'Espagne, et Madrid rejette toute médiation tant que l'exécutif catalan menacera de faire sécession.

Galvanisés par le référendum d'autodétermination de dimanche, suivi d'une grève générale et de manifestations de centaines de milliers de personnes, les dirigeants catalans pourraient déclarer l'indépendance lundi, a indiqué mercredi une source au sein du gouvernement régional.

Les partis indépendantistes, majoritaires au parlement régional, ont réclamé une séance plénière ce jour-là pour débattre des résultats du vote, et ils souhaitent que le président séparatiste de la Catalogne, Carles Puigdemont, vienne s'exprimer.

"En fonction du déroulement de la séance, l'indépendance pourrait être proclamée" de façon unilatérale, a précisé la source au gouvernement régional.

M. Puigdemont avait auparavant assuré que son gouvernement s'apprêtait à passer à l'acte "à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine".

Le gouvernement séparatiste affirme que le "oui" à l'indépendance a obtenu les voix de "90%" des 2,26 millions de votants (42,3% de participation) au référendum, un scrutin sans listes électorales, sans observateurs et qualifié d'anticonstitutionnel par la justice espagnole.

Depuis la consultation, marquée par des violences policières, le ton n'a cessé de monter entre Madrid et Barcelone.

Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a déclaré devant les députés européens qu'il était "grand temps de dialoguer, de parler, de trouver une voie en dehors de l'impasse et de travailler conformément à l'ordre constitutionnel espagnol".

- Article 155 -

Mais Carles Puigdemont a surenchéri mercredi soir dans son duel avec Madrid et a répondu au roi Felipe VI, qui 24 heures plus tôt avait accusé les autorités catalanes de manifester une "déloyauté inadmissible" en ignorant les lois et la Constitution.

Dans une allocution télévisée, M. Puigdemont a estimé que le souverain avait "délibérément ignoré des millions de Catalans".

Et le porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull, a accusé le roi d'avoir "jeté de l'huile sur le feu".

M. Puigdemont a déclaré avoir reçu des offres de médiation pour chercher une solution avec le pouvoir central. Un scénario qui a été officiellement rejeté mercredi soir par Madrid, du moins tant que le président séparatiste catalan ne retirerait pas sa "menace de rupture".

"Si M. Puigdemont veut parler ou négocier, ou envoyer des médiateurs, il sait parfaitement ce qu'il doit faire auparavant: se remettre dans le chemin de la loi, qu'il n'aurait jamais dû quitter", a déclaré le gouvernement dans un communiqué.

Le gouvernement "n'acceptera aucun chantage", prévient le communiqué, qui ajoute à l'adresse de M. Puigdemont: "Retirez la menace de la rupture".

Felipe VI avait aussi reproché au gouvernement régional catalan d'avoir bafoué "de façon répétée (...) et délibérée" la Constitution et de "mettre en danger la stabilité" de la Catalogne et de toute l'Espagne.

Dans son discours, il avait martelé qu'il était de "la responsabilité des pouvoirs légitimes de l'Etat d'assurer l'ordre constitutionnel", ouvrant la voie à de nouvelles mesures du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy contre les dirigeants indépendantistes.

M. Rajoy pourrait notamment invoquer l'article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, qui lui permettrait de prendre le contrôle des institutions en Catalogne.

- Pour un référendum légal -

La première réaction de l'Etat après l'allocution royale a été la convocation pour inculpation du chef de la police catalane Josep Lluis Trapero, dans le cadre d'une "enquête pour sédition", passible de quinze ans de prison pour un fonctionnaire.

La police catalane a en effet été accusée d'avoir tardé à intervenir pour dégager des Gardes civils encerclés par des manifestants le mois dernier.

Les images des interventions brutales de policiers casqués pour fermer des bureaux de vote, qui ont fait au moins 92 blessés, ont fait le tour de la planète et indigné les Catalans de tous bords.

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    Vincent West / Reuters
    A woman votes at Estel school during the banned independence referendum, in the Catalan town of Vic, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Vincent West
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    Albert Gea / Reuters
    A man faces off with a Spanish Civil Guard officer outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    Albert Gea / Reuters
    A woman screams towards Spanish Civil Guard officers outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    A woman screams towards Spanish Civil Guard officers outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    Spanish Civil Guard officers remove demonstrators outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera TPX IMAGES OF THE DAY
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    Enrique Calvo / Reuters
    A woman is grabbed by riot police near a a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Enrique Calvo
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    Albert Gea / Reuters
    Spanish Civil Guard officers disperse people outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea TPX IMAGES OF THE DAY
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    Spanish Civil Guard officer pushes a man outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    A woman yells at riot police near a a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Enrique Calvo
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    People vote at Estel school during the banned independence referendum, in the Catalan town of Vic, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Vincent West
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    Catalan President Carles Puigdemont gestures while visiting the polling station where he was expected to vote at, in the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    People cast their ballots at a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain October 1, 2017. REUTERS/Yves Herman
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    Rioot police remove demonstrators outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera
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    Riot police remove demonstrators outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera
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    A man is dragged away, after scuffles broke out with Spanish Civil Guard officers, outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    Spanish Civil Guard officers remove demonstrators outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera
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    People face off with Spanish Civil Guard officers outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    People face off with Spanish Civil Guard officers outside a polling station for the banned independence referendum in Sant Julia de Ramis, Spain October 1, 2017. REUTERS/Albert Gea
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    Spanish Civil Guard officers remove demonstrators outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera
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    People cheer as ballot boxes arrive to Estel school before the banned independence referendum, in the Catalan town of Vic, Spain October 1, 2017. REUTERS/Vincent West

Et dans cette région où vivent 16% des citoyens espagnols, le discours de fermeté du roi a été généralement mal reçu.

Le gouvernement catalan "a l'initiative, et le gouvernement central court derrière en essayant maladroitement de boucher les trous", a estimé Antonio Torres del Moral, professeur de droit constitutionnel à l'Université d'enseignement à distance (UNED).

La très grande majorité des Catalans (80% selon les sondages) souhaitent un référendum légal. Mais ils sont partagés sur la sécession: le dernier sondage des autorités catalanes, publié en juillet, montrait que les adversaires de l'indépendance étaient plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%).

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