L'assaillant de Marseille et le terroriste du marché de Noël de Berlin ont vécu dans la même ville italienne

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MARSEILLE
BORIS HORVAT via Getty Images
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TERRORISME - Ahmed Hanachi, auteur de l'attaque de Marseille et Anis Amri, l'assaillant du marché de Noël de Berlin, ont tous deux séjourné à Aprilia, près de Rome. Une circonstance qui a conduit la justice italienne à enquêter sur cette commune soupçonnée d'abriter une cellule terroriste.

Ahmed Hanachi, le Tunisien de 29 ans qui a tué deux jeunes femmes dimanche 1er octobre à la Gare Saint-Charles de Marseille, avant d'être abattu par la police, a vécu plusieurs années à Aprilia, selon plusieurs médias italiens.

"Il s'est marié à Aprilia avec une Italienne en 2008 et il a résidé ici entre mars 2010 et mai 2017 où il a été arrêté à deux reprises pour une affaire de drogue et une autre de vol", a confirmé à l'AFP un représentant de la mairie. "Il a ensuite été radié des listes communales, faute d'avoir renouvelé son certificat de résident mais nous savons qu'il n'habitait plus sur la commune depuis 2015, a-t-il ajouté. Séparé depuis trois ans, "le couple avait vécu chez les parents de la mariée, des gens honnêtes dont nous savons qu'ils n'étaient pas très heureux de cette union", a-t-il poursuivi.

Commune de 70.000 habitants située à 40 km au sud de Rome, Aprilia compte beaucoup de travailleurs agricoles étrangers employés dans ce verger de la capitale, en majorité des sikhs mais aussi Africains et plusieurs centaines de Tunisiens.

En juillet 2015, la ville a également vu passer pour un court séjour le Tunisien Anis Amri, auteur de l'attaque au camion-bélier du marché de Berlin qui en décembre avait fait 12 morts. Il avait été tué quatre jours plus tard par des policiers a Sesto San Giovanni, près de Milan.

Placés sous l'autorité du parquet de Rome, les policiers antiterroristes multiplient depuis dimanche les perquisitions pour savoir si les parcours de Amri et de Hanachi se sont croisés à Aprilia et s'ils auraient pu y concevoir des actions communes. Selon la presse, ils cherchent avant tout à déterminer si la ville pourrait être une base logistique, le centre d'un réseau de radicalisation, ou au moins un centre de fabrication de faux papiers.

La radicalisation de Ahmed Hanachi "impossible" pour sa famille

L'attaque de Marseille a été revendiquée quelques après par le groupe terroriste Daech. Mais cette revendication est fortement mise en doute par les autorités. La famille de l'assaillant estime d'ailleurs "impossible" sa radicalisation.

"Cette histoire de Daech, pour moi c'est impossible, je ne veux pas l'entendre", a déclaré à l'AFP le père d'Ahmed, Noureddine Hanachi, un retraité ayant travaillé comme maître d'hôtel à Vienne en Autriche. "Peut être qu'il était sous l'effet de la drogue", quand il a agressé à coups de couteaux les jeunes filles devant la gare Saint-Charles, assure le père.

Pour l'oncle d'Ahmed, c'était un "beau gosse", "bon vivant", qui aimait s'habiller bien, mais n'avait "rien à voir" avec l'EI qui a revendiqué le double homicide. Les jihadistes "ont menti", assure le père.

Pour une source de sécurité s'exprimant sous couvert de l'anonymat, Ahmed et son frère Anouar seraient néanmoins classés "extrémistes".

Ahmed a passé la majorité de sa vie adulte en Europe, selon ses proches, mais quelques amis d'enfance se rappellent d'un fêtard, avec qui ils disent avoir essayé "toutes les drogues" fumées ou injectées, cocaïne, Subutex, etc. "Nous sommes sous le choc. Cette histoire de Daech, c'est impossible", assure Anouar, 29 ans. "On allait en discothèque avec lui l'été, je ne l'ai jamais entendu dire 'Allah Akbar'", injonction proférée lors du meurtre à Marseille selon des témoins. Selon lui, Ahmed avait essayé avec l'aide de son frère Anouar de se défaire de ses addictions à l'été 2016, lors d'un séjour de plusieurs mois en Tunisie.

Ses proches indiquent qu'il aurait divorcé récemment de son épouse italienne, et se serait retrouvé dans la foulée sans papiers.

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