"La torture fait un retour en force en Tunisie" annonce Mokhtar Trifi, vice-président de l'OMCT

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"La torture fait un retour en force en Tunisie", a martelé Mokhtar Trifi, vice-président de l'organisation mondiale contre la torture (OMCT), sur les ondes de Mosaïque Fm. Il a exprimé son inquiétude quant à la montée fracassante des cas de torture en Tunisie ces derniers temps et a dénoncé le fait que ceux qui pratiquent la torture n'ont jamais été traduit en justice.

Il a fait savoir que des centaines d'affaires se présentent chaque jour aux tribunaux pour dénoncer des abus, des violences et des cas de mauvais traitements mais aucune n'a abouti à un procès. "Aucun tortionnaire présumé n'a encore été condamné" a-t-il souligné.

Trifi a évoqué la présence de ces pratiques notamment dans les prisons, dans les centres de détention pour extraire des aveux et même dans les rues en rappelant que toute utilisation excessive de la force est considérée comme de la torture.

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Les solutions?

Pour limiter ce fléau, le vice-président de l'OMCT a insisté sur la nécessité de former les agents de sécurité, de les encadrer et de les sensibiliser au sujet des Droits de l'Homme. Il a appelé, par ailleurs, à mettre en place tous les moyens scientifiques et techniques au profit des agents pour démasquer les auteurs des crimes. Recourir à la violence pour extraire des aveux n'est pas la bonne solution, a-t-il noté. "Des méthodes plus sophistiquées telles que les analyses ADN seront préférables" a-t-il ajouté.

Il a appelé, par ailleurs, à prendre des mesures strictes et à sanctionner ceux qui pratiquent la torture. "La Torture est un crime qui doit être puni de 6 à 8 ans de prison ferme", a-t-il affirmé.

Trifi a précisé que ces propositions ont été, également, présentées au Chef du gouvernement, Youssef Chahed, et au président de la République, Béji Caïd Essebsi, lors de sa rencontre tenue le mardi 3 octobre avec la délégation de l'OMCT.

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Au niveau législatif, la Tunisie a fait de grand progrès au niveau des droits de l'Homme

La Tunisie a fait de grands progrès au niveau des droits de l'Homme, a affirmé Trifi. Il a expliqué que la création de l'Instance nationale de prévention contre la torture (INPT), la seule dans la région du monde arabe, est considérée comme une importante avancée. Il a ajouté que des amendements et des lois ont été, également, établis pour améliorer les conditions de détention.

Il a mentionné, d'autre part, que le choix porté sur la Tunisie pour accueillir les travaux du Conseil exécutif de l’organisation, du 2 au 4 octobre est un témoignage de reconnaissance pour les avancées enregistrées en Tunisie en matière de droits humains.

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"Nous condamnons les USA, et la Tunisie ne doit pas suivre son exemple en matière de torture"

La torture est un fléau mondial, explique Trifi. Comme la Tunisie, plusieurs pays dont les Étas-Unis et la Chine font encore recours à la violence abusive. Selon un rapport d'une ONG datant de 2010, "plus de la moitié des États membres de l'ONU recourent à la torture".

"Nous condamnons la torture aux USA. Certes, de grands pays ont encore recours à la violence et la torture, mais la Tunisie ne doit pas suivre leur exemple" a-t-il conclu.

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