Ta7rir, la plateforme qui veut révolutionner l'industrie créative au Maroc

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ART - Liberté, créativité et collaboration sont les trois mots d’ordre de Ta7rir, une organisation culturelle qui vise à libérer l’industrie créative au Maroc. Pour fêter son lancement, une cérémonie sera organisée le 7 octobre à l’hôtel Mövenpick de Casablanca où se réuniront de jeunes artistes et des représentants d’associations et d’institutions culturelles.

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Derrière ce projet ambitieux, Karim El Hamri, un jeune marocain de 26 ans diplômé de l’ENSEM (École nationale supérieure d'électricité et mécanique) tient les rênes. Alors que son parcours le destinait à une carrière d’ingénieur électrique, il a choisi de poursuivre sa véritable passion en se consacrant aux arts visuels. Grâce à son premier emploi en tant que responsable de l’espace de coworking “Dare Space” du Centre Marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social (MCISE), qui accueille chaque année plus de 150 rencontres, il élargit son réseau et se crée un carnet d’adresses d’artistes et de professionnels marocains et internationaux du monde de l’art et de la culture.

“J’ai fait la connaissance de plusieurs artistes et en discutant avec eux, j’ai pu connaître les défis auxquels ils faisaient face”, raconte au HuffPost Maroc Karim El Hamri. “J’avais quelques idées en tête pour répondre à leurs besoins, et les artistes m’ont encouragé à me lancer.”

Drawing a model is the best feeling. #ta7rir

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Zainab Faiski, illustratrice, bédéiste et contributrice de la plateforme Ta7rir.

L’ingénieur converti a d’abord organisé un premier événement-test en mars dernier, pour tâter le terrain et répondre à l’un de ces défis: le manque de connaissance en anatomie chez les illustrateurs et graphistes marocains, qui ne disposent pas d’espace pour étudier le corps humain. Karim organise donc une séance de dessin anatomique sur quatre modèles pour une sélection d’artistes. L’événement connaît un grand succès et la communauté artistique en redemande. Ta7rir voit le jour.

“Au Maroc, il n’y a pas d’écosystème créatif qui favorise la liberté d’expression artistique”, déplore-t-il. “C’était donc une nécessité, et à travers Ta7rir, je veux montrer qu’on existe", déclare Karim qui est aussi illustrateur et street artiste.

Ta7rir, qui compte aujourd’hui une équipe de huit personnes, offrira tout au long de l’année des ateliers, événements et rencontres artistiques, comme des cours de photographie, des soirées de slam, des ateliers d’écriture créative, dont les dates sont déjà prévues pour le mois d’octobre et qui seront donnés gratuitement par des artistes volontaires.

“J’ai tout payé de ma poche jusque-là mais les activités organisées par Ta7rir resteront gratuites", souligne Karim qui a pu bénéficier de quelques partenariats mais admet être toujours à la recherche de fonds pour financer ces projets.

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Karim reste cependant motivé par sa conviction que “la créativité est le métier du futur.” “Quand la logique ne trouve pas de solution au problème, il faut se tourner vers la créativité", explique-t-il avec conviction. De ce fait, Karim tient à distinguer l’artiste indépendant, qui créé pour son propre plaisir et assouvir son besoin d'expression, du créatif qui utilise ses créations pour résoudre des problématiques qui peuvent aller d’une demande spécifique d’une agence de publicité à un problème plus large et sociétal comme le harcèlement sexuel.

“Je ne veux pas seulement mettre en avant les artistes, je veux aussi et surtout les aider à trouver des solutions à travers leur talents de création et convertir leurs idées en profit", insiste-t-il.

Pour encourager davantage les talents en herbe, Ta7rir récompensera, lors de la cérémonie d’ouverture, le meilleur dossier créatif pour l’artiste qui aura le mieux su se vendre auprès du jury, indépendamment du projet présenté. Une façon d'apprendre à ces jeunes créatifs à valoriser leur travail et à savoir comment prétendre à des bourses qui financeront leurs projets à venir.

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Fatimazohra Serri, photographe et artiste recrue de la plateforme Ta7rir.

Les participants à l’événement peuvent aussi s’attendre à une série de talks dédiés à la mise en place d’une industrie créative libre au Maroc, des conférences données par trois intervenants différents: la blogueuse Ahlem B, l’artiste plasticien Mohammed El Bellaoui, plus connu sous le nom de Rebel Spirit, et l’auteur et cinéaste Hicham Lasri.

La participation est gratuite et ouverte au grand public, et à tous les passionnés d’art qui désirent participer à cet événement qui se veut fédérateur et initiateur de futures cérémonies annuelles de Ta7rir, et plus globalement de futurs projets.

Les screens de ma prochaine video I will share some new #footages this #evening #cinematography

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Jihad Eliassa, illustrateur, cinéaste, et contributeur de la plateforme Ta7rir.

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