Brutale campagne policière contre les homosexuels en Egypte

Publication: Mis à jour:
EGYPT GAYS
Janvier 2015, proces au Caire de 26 hommes accusés de "debauche". AFP PHOTO / MOHAMED EL-SHAHED (Photo credit should read MOHAMED EL-SHAHED/AFP/Getty Images) | MOHAMED EL-SHAHED via Getty Images
Imprimer

C’est une campagne aussi brutale que sordide que mène depuis quelques jours la police égyptienne contre des homosexuels égyptiens et des militants qui les soutiennent.

Cinquante-sept personnes ont été arrêtées jusque-là dans des descentes policières qui n’ont pas concerné que la capitale mais d’autres gouvernorats, comme Ismailia, Damiette et le sud-Sinai.

Cette campagne anti-homosexuels a été déclenchée, selon les organisations égyptiennes de défense de droits de l’homme, suite à un “incident” qui a eu lieu lors d’un concert de musique au Caire le 22 septembre dernier et où le drapeau arc-en-ciel, symbole dans les pays occidentaux du mouvement gay, a été brandi.

Toujours est-il que ceux qui ont été arrêtés, selon l’organisation égyptienne “L’Initiative pour les droits individuels”, peu importe qu’ils soient eux-mêmes homosexuels ou non, ont tous été inculpés de: “acte de débauche”, “incitation à la déviance sexuelle” et “association de malfaiteurs”.

Sur les 57 personnes, neuf ont déjà été condamnées à des peines de prison allant d’un à six ans fermes. 35 détenus sont en attente de leur procès et deux militants pour les droits humains, une femme Sarah Hegazy et un homme Ahmed Alaa, sont en détention depuis quinze jours “en attente que l’enquête soit achevée”.

Selon le site d’informations égyptien Madamasr le sort réservé à onze autres personnes qui ont été arrêtées dans le cadre de cette campagne est totalement inconnu.

Amnesty International et des organisations égyptiennes dénoncent le traitement brutal réservé par la police aux détenus accusés d’être des homosexuels qui sont systématiquement soumis à des “examens corporels” brutaux et humiliants et ensuite livrés en pâture aux autres détenus.

D’ailleurs, c’est le cas de la militante des droits civiques détenue depuis 15 jours Sarah Hegazy qui, selon son avocate, a été sauvagement battue par ses co-détenues dans la cellule pour femmes du commissariat de Sayeda Zeinab après l’insistance des policiers à la présenter comme une détenue “ ”مِثَلية (homosexuelle).

Hegazy qui a été inculpée de “incitation à la débauche” et de “perturber la cohésion sociale” a été interrogée pendant des heures, notamment sur son orientation sexuelle par les policiers et par le procureur, y répondant à chaque fois, selon son avocate, en expliquant qu’elle-même n’est pas homosexuelle mais qu’elle soutient le combat des homosexuels égyptiens.

En dépit des preuves présentées par son avocate au procureur des brutalités qu’elle a subies au poste de police de Sayeda Zeinab, c’est précisément là qu’elle a été renvoyée une fois l’interrogatoire terminé.

Les homosexuels sont cycliquement victimes de campagnes de police en Egypte même si la loi n’interdit pas l’homosexualité à proprement parler, ce sont les lois contre la prostitution qui sont utilisées contre eux et souvent une grande partie de la presse locale décrit les victimes comme des “membres” de “gangs” ou de “réseaux de débauche”.