Accusé par Leila Chettaoui de privilégier les associations d'Ennahdha, le ministère chargé des relations avec la société civile rétorque

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Après avoir mis à nu certains dossiers de corruption dont celui de Syphax Airlines, la députée Leila Chettoui a choisi, cette fois-ci, de pointer du doigt le ministère chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et la société civile et des droits de l'homme, dirigé par Mehdi Ben Gharbia.

C'est en entamant son post, publié le mardi 3 octobre 2017, par le hashtag "Cela arrive aujourd'hui dans le gouvernement" que la députée a évoqué la signature d'une convention avec une association présidée par Tasnim Kheriji, fille du dirigeant du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi.

Selon ses dires, l'association aurait bénéficié d'un financement français d'environ 200 mille euros pour la promotion de la culture des droits de l'homme et le soutien des instances constitutionnelles indépendantes.

Pire, Chettaoui a noté que le ministère est en train de faire pression sur le centre de l'Islam et de la démocratie, dirigé par Radhouane Masmoudi, pour la signature d'une nouvelle convention visant à lutter contre le terrorisme et le takfirisme dans les mosquées et les écoles.

"Mais sur quels critères le ministère s'est basé pour sélectionner ces associations afin qu'elles bénéficient d'autant de privilèges?" s'est-elle demandé.

Une révélation qui met en doute certains dépassements au niveau du fonctionnement et du financement des associations et ouvre le débat sur ce dossier épineux.

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"Tout est faux", révèle le ministère

Contacté par le HuffPost Tunisie, le ministère a indiqué que toutes ces accusations sont fausses et montées de toute pièce. Une source bien informée au sein du ministère a révélé que les propos de Chettaoui sont infondés. Elle a noté, par ailleurs, que le ministère n'a pas fait de pression vis-à-vis du centre de l'Islam et de la démocratie, comme le prétend la députée d'Al Horra. "Mais c'est plutôt ce dernier qui s'est présenté au ministère pour présenter son projet qui vise à encadrer les mosquées et lutter contre le terrorisme" a-t-elle précisé.

La même source a rappelé, également, qu'un Comité de pilotage du projet d’appui aux droits de l’Homme et à l’état de droit (PADHED) s’est réuni, lundi 25 septembre à Tunis, en présence du ministre Mehdi Ben Gharbia, et l’ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d’Arvor.

Elle a fait savoir que ce projet, lancé en 2016 dans le cadre de la coopération tuniso-française, mobilise un budget de 400.000 euros. Il prévoit un ensemble d’actions inhérentes au cadre juridique relatif aux instances constitutionnelles et indépendantes, aux droits de l’homme et à la gouvernance, à la formation dans le domaine de la promotion et de la défense des droits de l’Homme et au renforcement du journalisme sur les droits humains.

Le financement des associations dans le collimateur du gouvernement

En juillet dernier, Leila Chettaoui a déposé une demande au parlement, destinée à la présidence de la République, pour avoir des informations et des relevés détaillés concernant les associations qui ont bénéficié entre 2012 et 2014 de financements de la part de la Présidence.

La députée indique que sa question écrite intervient à la suite de soupçons de malversations et de financements illégaux de certaines associations qui ont eu des financements auprès de la présidence de la République. Elle demande, ainsi, des explications à ce sujet.

Dans son opération de mains propre, le Chef du gouvernement Youssef Chahed s'est penché, également, sur la question du financement des associations qui serait en étroite relation avec le blanchiment d'argent et le terrorisme.

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