Mohammed Benmoussa: "Ma candidature à la fonction de secrétaire général du parti de l'Istiqlal a été écartée"

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MOHAMMED BENMOUSSA
Mohammed Benmoussa/Facebook
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CANDIDATURE - Au 17e congrès national du parti de l’Istiqlal (PI), Mohammed Benmoussa aurait bien voulu être le troisième candidat à l’élection du secrétaire général, aux côtés de Hamid Chabat et Nizar Baraka, les deux candidats officiellement retenus. Sa candidature à lui ne l’a pas été. "J’exprime mon profond regret de voir ma candidature à la fonction de secrétaire général écartée", écrit-il dans un communiqué qu’il a publié ce lundi 2 octobre. Dans ce dernier, il ne cache pas sa déception que sa candidature ait été refusée par le président de la commission préparatoire du congrès et le président du congrès.

Joint par le HuffPost Maroc, le président de la commission préparatoire, Abdellah Bakkali, légitime ce refus par le non-respect "de la procédure légale", en référence à l’article 54 du règlement interne qui précise les conditions de candidature au secrétariat général du parti. Siéger au comité exécutif du parti ou à son conseil national (parlement du parti) est obligatoire pour se porter candidat au secrétariat général.

Mohammed Benmoussa ne l’ignore pas, puisqu’il est au parti de la balance depuis 20 ans. "Ma candidature m’a été refusée parce qu’elle n’est pas conforme au règlement intérieur et c’est pour cela que j’ai inscrit à l’ordre du jour du congrès la modification de cet article", déclare-t-il au HuffPost Maroc, estimant qu’il est temps "d’ouvrir le parti" au nom du "pluralisme" et de "la démocratie interne".

Pour Mohammed Benmoussa, le règlement interne du parti de l’Istiqlal "verrouille" à travers l’article 54 la candidature au secrétariat général en "limitant le nombre de candidats et la compétition". "C’est de l’entre-soi qui condamne le parti à rester fermé. Et c’est pour cela qu’il ne se développe pas et ne s’organise pas", soutient-il.

Sa proposition d’amendement du règlement interne n’a pas été inscrite à l’ordre du jour du congrès, comme il le souhaitait. "Une proposition d’amendement passe par un vote, une commission juridique et un débat en plénière. C’est une longue procédure qu’il faut suivre à la lettre", rappelle Abdellah Bakkali.

Après avoir annoncé sa volonté de se porter candidat au secrétariat général du PI, Mohammed Benmoussa affirme avoir aussi été écarté du conseil national du parti. "J’y ai siégé près de 18 ans, mais je n’y suis plus. Il faut y être élu et je ne l’ai pas été», confie-t-il au HuffPost Maroc. Les membres du conseil national du parti, près de 1100, sont élus par la voie des congrès régionaux et par les organismes professionnelles parallèles du parti, dont (pour ce cas précis) l’alliance des économistes istiqlaliens. "C’est la loi du vote, pas de la démocratie", estime-t-il, ajoutant que, pour lui, "le plus important reste les idées et le projet de renouveau".

Toutefois, il n'est pas question de baisser les bras. Mohammed Benmoussa a adressé le 19 septembre une lettre ouverte aux militants du parti de l’Istiqlal pour les appeler au renouveau et les mettre en garde contre "le déclin". "L’Istiqlal des pères fondateurs, au premier rang desquels figure feu Allal El Fassi, et de leur illustre successeur, feu M’hamed Boucetta, n’est plus qu’un lointain souvenir", écrit-il dans cette lettre. Dans celle-ci, il analyse l’état des lieux politiques au Maroc et tire la sonnette d’alarme quant au présent et à l’avenir du parti de la balance.

À quelques jours de l’élection du secrétaire général du parti, prévue samedi 7 octobre à Skhirat, Mohammed Benmoussa s'indigne des incidents survenus au 17e congrès national, et qualife la rivalité entre les deux candidats de "combats de coqs". "Ces actes de violences verbales et physiques violent avec indécence les valeurs d’éthique du parti et heurtent profondément nos concitoyens", regrette-t-il.

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