Premières tensions entre policiers et électeurs catalans

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CATALOGNE - Les esprits se sont échauffés entre la police et les électeurs catalans. En ce jour de référendum d'autodétermination, interdit par les autorités espagnoles, des milliers de Catalans se sont massés devant les bureaux de vote à Barcelone et dans d'autres villes.

Si les citoyens espéraient voter dans un esprit pacifique, il n'aura pas fallu attendre longtemps avant de voir les premières tensions.

Dès le début de matinée, des milliers de manifestants se sont massés devant les bureaux de vote. A Barcelone, mais aussi plus au nord à Gérone, le bastion du président séparatiste catalan Carles Puigdemont ou à Figueras, la ville chère au peintre Dali, ils assuraient être là pacifiquement pour "protéger" les centres de vote.

Mais la situation a rapidement dégénéré. La police a chargé des manifestants dans le centre de Barcelone, près d'une école du centre-ville où la police était entrée de force pour saisir des urnes qui devaient servir au référendum interdit, selon des témoins. La charge s'est produite alors que des manifestants assis barraient le passage aux policiers qui quittaient le bureau de vote. Un manifestant, David Pujol, 37 ans, a montré une blessure à la jambe provoquée par une balle en caoutchouc et une journaliste de l'AFP a vu un deuxième blessé dans une ambulance.

Selon les services régionaux de santé, il y aurait au moins 91 blessés, dont 11 policiers, visés par des jets de pierres. L'agence de presse AP évoque quant à elle 337 blessés, dont certains "sérieusement". Mais les affrontements ne se limitent pas à Barcelone, de nombreuses villes et villages sont témoins des violences entre policiers et manifestants.

La police a tiré des balles en caoutchouc à Barcelone lors d'une charge contre des manifestants, ont affirmé des témoins. Jon Marauri, originaire du Pays Basque, a montré à l'AFP une de ces balles recueillies après une charge de police contre des centaines de manifestants qui leur barraient la route après que les policiers eurent saisi des urnes dans un bureau de vote.

D'autres types de munitions sont également utilisées.

Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy et la justice sont décidés à interdire le référendum, quitte à faire bloquer l'accès aux bureaux de vote par les forces de l'ordre. La police nationale a saisi des urnes dans plusieurs bureaux de vote, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Des policiers anti-émeutes sont entrés de force dans le bureau où devait voter le président indépendantiste de Catalogne Carles Puigdemont. Peu avant l'ouverture des bureaux de vote vers 9h les policiers casqués ont formé un cordon autour du centre sportif de Gérone pour éloigner la foule, puis ont forcé l'entrée pour saisir le matériel de vote.

Carles Puigdemont a quand même réussi à voter à Cornella del Terri, à quelques kilomètres du bureau où il aurait dû voter mais que les policiers anti-émeutes avaient fermé. Son vice-président Oriol Junqueras et de nombreux citoyens catalans ont aussi commencé à voter, selon les autorités régionales.

En fin de matinée, le président de l'exécutif catalan Carles Puigdemont a dénoncé la "violence injustifiée" dont a fait usage la police nationale à Barcelone pour disperser des manifestants. "L'usage injustifié de la violence, irrationnel et irresponsable, de la part de l'Etat espagnol, n'arrête pas la volonté des Catalans", a-t-il déclaré à des journalistes en évoquant "coups de matraque, balles en caoutchouc et agressions indiscriminées" contre des personnes qui manifestaient "pacifiquement".

Mark Demesmaeker, député européen et observateur international présent sur place s'est dit "très choqué" par la situation, selon un journaliste de France Info lui aussi sur les lieux.

En fin de matinée, le président de l'exécutif catalan Carles Puigdemont a dénoncé la "violence injustifiée" dont a fait usage la police nationale à Barcelone pour disperser des manifestants. "L'usage injustifié de la violence, irrationnel et irresponsable, de la part de l'Etat espagnol, n'arrête pas la volonté des Catalans", a-t-il déclaré à des journalistes en évoquant "coups de matraque, balles en caoutchouc et agressions indiscriminées" contre des personnes qui manifestaient "pacifiquement".

Mark Demesmaeker, député européen et observateur international présent sur place s'est dit "très choqué" par la situation, selon un journaliste de France Info lui aussi sur les lieux.

Le représentant du gouvernement espagnol en Catalogne a demandé aux autorités indépendantistes de la région de mettre fin à la "farce" du référendum d'autodétermination. Le président régional de Catalogne Carles "Puigdemont et son équipe sont seuls responsables de tout ce qui s'est passé aujourd'hui et de tout ce qui pourra se passer s'ils ne mettent pas fin à cette farce", a déclaré le préfet de Catalogne Enric Millo lors d'une conférence de presse.


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