Ahmed Ouyahia presse Sonatrach de se lancer dans les hydrocarbures de schiste

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Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a déclaré ce dimanche 01 octobre 2017 que le gouvernement algérien "encourage" Sonatrach à poursuivre ses recherches et ses investissements dans les hydrocarbures non conventionnelles, dont le pétrole de schiste, lors de son intervention devant des cadres de la compagnie pétrolière durant sa visite de la la raffinerie d’Arzew.

Ahmed Ouyahia a estimé que ces investissements garantiront une continuité des recettes financières du pays, "cruciales" au vu notamment de la conjoncture actuelle du Trésor.

Le Premier ministre a prononcé à son auditoire un discours rassurant, exprimant une "confiance totale" dans la Sonatrach.

Le chef du gouvernement, qui s'était déjà porté en faveur de l'exploitation du gaz de schiste à In Salah en 2014, a cette fois-ci chargé la compagnie nationale de "sensibiliser les Algériens aux hydrocarbures de schiste". Ouyahia a déclaré être "optimiste" quant à la capacité de la Sonatrach de "transmettre un message tout aussi optimiste au peuple algérien".

Le chef de l'Exécutif a également souligné "la capacité et le potentiel de l'Algérie en matière des hydrocarbures de schiste". Il a comme rappelé à son auditoire que le gouvernement ne pousse pas la compagnie pétrolière "à l'aventure", sous-entendant par-là que les encouragements de l'Etat sont "réfléchis", alimentés principalement par les déficits des Trésors publics, en dégringolade depuis le début de la chute du baril en juin 2014.

Ahmed Ouyahia a toutefois fini par rajouter que les hydrocarbures conventionnelles subsisteront encore comme le moteur principal de l'économie algérienne. Il a d'ailleurs réitéré la volonté de l'Etat d'accompagner la compagnie dans ses explorations et ses investissements, malgré les difficultés rencontrées les précédentes années par Sonatrach, sans préciser ces déclarations.

Le come-back ?

Le Premier ministre signe-t-il par cette intervention le retour du gaz de schiste dans les projets de l'Algérie ? La question , après un premier forage dans le bassin de l’Ahnit, près d'In Salah dans la wilaya de Tamanrasset, a été mise en sourdine suite à une forte contestation dans le sud, sur décision du président Bouteflika. Il annonçait dans un communiqué du Conseil des ministres que les forages-tests, initiés à In Salah, seront achevés "à très brève échéance".

Mais chef de l'Etat a appelé au moins de juin dernier le gouvernement "à valoriser davantage toutes les ressources et richesses dont dispose le pays, y compris les hydrocarbures fossiles conventionnelles et non conventionnelles ainsi que les énergies renouvelables", demandant au gouvernement de lever "les incompréhensions et les inquiétudes" et de confirmer que "l'exploitation proprement dite de cette énergie nouvelle n'est pas encore à l'ordre du jour".

Le président Bouteflika, qui insistait sur la nécessité d'exploiter le gaz de schiste, compte tenu de la crise financière, appelait le gouvernement à "veiller au respect de la législation par les opérateurs concernés, pour la protection de la santé de la population et la préservation de l'environnement", principales préoccupations des habitants locaux.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, alors Chef de cabinet de Abdelaziz Bouteflika, charge désormais la compagnie Sonatrach de se lancer dans l'exploitation pour "garantir la continuité des recettes financières de l'Algérie".

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a estimé à la fin de son intervention nécessaire de réviser la loi sur les hydrocarbures car "le secteur connait de grands changements dans le monde obligeant l’Algérie à se mettre au diapason".

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