Benkirane, hommage et jets d'assiettes: L'ouverture du congrès de l'Istiqlal comme si vous y étiez

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REPORTAGE - Avec casquettes et écharpes roses, les militants du parti de l’Istiqlal (PI) arrivent par petits groupes pour rallier, vendredi 29 septembre, les longues queues à l’arrière du stade Moulay Abdellah de Rabat. A quelques minutes de l’ouverture du 17e congrès national du PI prévue à 17h, les foules s’impatientent.

Sous une tente, les représentants des médias attendent aussi d’avoir leur droit d’accès. Les badges manquent à l’appel et la situation commence à chauffer les esprits. Il aura fallu s’armer de patience pour pouvoir enfin accrocher son badge autour du cou et pénétrer dans l’enceinte de la salle couverte.

A l’intérieur, les chants patriotiques retentissent et les premiers arrivés commencent à agiter les petits drapeaux portant le logo du parti qu’ils trouvent sur les sièges. D’autres prennent des selfies, brandissant le "V" de la victoire. Les leaders du parti et leurs invités se mettent aux premiers rangs qui leurs sont réservés, alors que les membres du comité exécutif et le secrétaire général montent sur le podium.

Benkirane en "guest star"

benkirane istiqlal

Le chef du PJD, Abdelilah Benkirane, lors du 17e congrès national du parti de l'Istiqlal

L’arrivée de l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, suscite l’effervescence. Accueilli chaleureusement par le secrétaire général du PI, Hamid Chabat, le chef du PJD vole la vedette à tous et attire les flashs des nombreux photographes de la presse. Tout sourire, Benkirane montre son soutien à Chabat.

Il faut rappeler que Benkirane tenait, au cours des tractations menées pour la constitution du gouvernement, à joindre le PI à la majorité. En bon terme avec le parti de la balance, il n’a pas raté l’occasion de lui renouveler son soutien.

Mais si la présence de Benkirane a eu autant d’effet, l’absence du président du RNI, Aziz Akhannouch, et de son staff n’est pas passée inaperçue non plus. Preuve que la hache de guerre entre lui et Chabat n’a pas encore été enterrée depuis, justement, les tentatives de constitution du gouvernement par Benkirane qui ont abouti au blocage et à la destitution de ce dernier.

Un hommage à M’hamed Boucetta et Abdelkrim Ghellab

Après 45 minutes de retard, le président du comité préparatoire, Abdellah Bekkali, donne le coup d’envoi de la grand-messe par l’hymne national et celui du parti chanté par la chorale du scout marocain ("Al kachaf").

Un hommage est, ensuite, rendu aux deux grandes figures du parti disparues cette année, M’hamed Boucetta, mort le 17 février, et Abdelkrim Ghellab, le 14 août.

Abdellah Bekkali consacre son discours à l’importance du ce 17e congrès national qui arrive, suite à l’organisation de "82 congrès régionaux dans lesquels ont participé plus de 20.000 militants". Il rappelle que l’événement sera décisif pour l’avenir du parti, son unité et sa position dans l’échiquier politique et relance les principes de la lettre que le comité exécutif venait d’adresser aux congressistes, la veille.

Un mot d'ordre, "l'unité"... Avant une bagarre générale

Après une intervention de l’ambassadeur de Palestine à Rabat, Zuhair Al-Shun, invité du congrès, qui a exprimé "l’estime du peuple palestinien pour le peuple marocain pour son soutien indéfectible", c’est au tour de Hamid Chabat de prendre la parole. Il revient, dans un long discours, sur l’histoire du parti, ses convictions, ses batailles, avant de défendre la légitimité de ses décisions à la tête du parti, notamment celle de se retirer de l’ancien gouvernement. Il se dit fier d’avoir affronté "la crise démocratique profonde que connaît notre pays", mais aussi "les tensions" visant à "déstabiliser le parti fin 2015".

Pour Chabat, "cette secousse a été bénéfique" et a même servi d’aimant pour rallier les rangs du parti et renforcer son unité. "Unité" très vite remise en cause, dès le premier soir de ce congrès national. Les clans des deux prétendants au secrétariat général, Hamid Chabat et Nizar Baraka, qui devront se présenter aux élections ce samedi soir à 22h, se sont livrés à un règlement de comptes violent.

Au dîner, les esprits chauffés à blanc ont échangé des coups avec tout ce qui leur tombait sous la main: chaises, assiettes et autres… Le porte-parole du parti, Adil Benhamza, a présenté, sur sa page Facebook des excuses, peinant à y trouver des raisons plausibles.

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