Dream City: La 6ème édition à travers les mots de son directeur artistique, Jan Goossens

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JAN GOOSSENS
Facebook / Dream City Tunis
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Réalisé tous les deux ans, le festival d'art dans la cité "Dream City" entamera sa 6ème édition le 4 octobre prochain. L'évènement pluridisciplinaire propose à ses visiteurs un parcours artistique urbain inédit au cœur de Tunis jusqu'au 8 octobre.

Une démarche singulière, centrée sur le territoire, perpétuée avec toujours plus d'enthousiasme par le dramaturge et curateur belge, Jan Goossens, directeur artistique du projet depuis 2015.

Lors de la conférence presse consacrée à l'événement, qui a eu lieu mercredi dernier, il commente: "Ce qui m'a tout de suite fasciné dans ce projet de l'Art Rue et de Dream City particulièrement, c'est une vision et une méthodologie. Il était essentiel pour la création artistique et le positionnement des artistes de se mettre au cœur d'une cité et d'agir, de travailler en dialogue avec cette cité.".

"La proximité et la durée", plus que jamais au cœur des démarches artistiques du festival

Comme le rappelle son directeur artistique, le festival Dream city soutient l'idée que la création actuelle "doit se définir autour de deux pôles, la proximité et la durée. Pour créer des événements, des créations contextuelles, qui prennent un territoire, ses populations et ses enjeux au sérieux, il faut que l'artiste travaille à proximité d'un territoire, d'un contexte, pour être à l'écoute, pouvoir absorber, transformer ce qu'un territoire raconte et ça il faut pouvoir le faire dans la durée. Il ne s'agit pas de venir deux, trois jours, il faut passer du temps, il faut se frotter, il faut pouvoir échanger.".

"Ces deux éléments, la proximité dans la durée, changent fondamentalement le caractère d'une pratique artistique et des créations artistiques qui en sont le résultat, c'est ce qui m'a extrêmement touché, impressionné et influencé dans le travail qui a été fait ici depuis 2007.", conclu-t-il.

Une programmation qui élargit davantage ses horizons

C'est en 2014 que Selma et Sofiane Ouissi, directeurs de L'Art Rue, invitent Jan Goossens à participer à Dream City pour la première fois. Le couple est alors animé par l'idée d'élargir les horizons de la programmation artistique du festival au delà de la Tunisie jusqu'à la région MENA et l'Afrique subsaharienne.

Ils sont notamment séduits par les expériences de Jan Goossens pour reconnecter le Théâtre royal flamand de Bruxelles (ou KVS, dont il est directeur artistique de 2001 à 2016) avec un contexte urbain multiculturel.

"Ces expériences d'un côté et en même temps l'ouverture d'échanges avec le monde, avec des villes comme Kinshasa ont, je suppose, été une des raisons de cette invitation.", explique Jan Goossens.

"Au delà de ces bonnes raisons j'ai considéré cela comme un privilège, une énorme chance pour moi, d'abord de pouvoir m'intégrer et vivre ce projet, sa vision, sa méthodologie de l'intérieur. 2015 était une première étape, aujourd'hui, la 6ème édition que l'on prépare depuis de nombreux mois.", poursuit-il.

La médina, un lieu privilégié pour saisir l'essence identitaire locale

"Notre rêve est vraiment de mobiliser toutes les bonnes énergies et les énergies un peu plus fragiles de cette médina.", affirme le directeur artistique.

Son caractère à la fois central, symbolique et cosmopolite, fait de la médina de Tunis un lieu privilégié pour la manifestation artistique. Jan Goossens souligne en effet ses qualités de "quartier d'une ville-monde, quartier qui rassemble des populations de tous les territoires, qui n'est pas juste un quartier local mais lié à la ville entière de Tunis, voire au pays".

Le quartier devient le temps de ces cinq jours, un terrain d'échange, de discussion entre les artistes. Ces derniers devant ainsi être "à l'écoute de toutes les forces, de tous les espoirs, de tous les rêves, de toutes les angoisses, les fragilités de ces populations". Une préoccupation qui a été "au cœur de nos choix de programmation, de développement de projet concret", précise Jan Goossens.

L'ambition d'une édition plus "populaire"

"On voudrait que cette édition soit en même temps pointue et populaire, il y a des artistes qui sont dans l'expérimentation, dans la recherche, qui essaient en permanence de transformer, d'inventer de nouvelles formes mais avec toujours un lien, un engagement fort vis à vis de ce territoire, d'un vivre ensemble à construire.", affirme Jan Goossens.

Le développement d'un avenir commun entre l'artiste et les populations "est vraiment une responsabilité populaire dans le sens noble du terme".

L'événement présente les travaux de nombreux jeunes artistes mais également ceux de quelques grands noms établis. "À tous les niveaux c'est une édition riche, pluridimensionnelle, nous sommes dans une diversité qui est un vrai choix."

Une nouvelle édition qui semble donc, placée sous le signe de la diversité et de l'ouverture. Ayant, en effet, pour ambition de transformer la médina en "une sorte de sanctuaire de l'imaginaire, de la liberté, de la solidarité et du partage en partant avec la conviction que ce territoire possède tout ce potentiel, mais aussi que les artistes ont une contribution essentielle à donner à un tel avenir commun…", souligne le dramaturge.

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