Le Trésor a besoin de 570 milliards DA pour couvrir le déficit de 2017

Publication: Mis à jour:
ALGERIA MONEY
PHILIPPE MERLE via Getty Images
Imprimer

Le directeur général du Trésor, Fayçal Tadinit, a indiqué jeudi à Alger que le Trésor avait besoin de près de 570 milliards DA pour couvrir son déficit jusqu'à fin 2017. Lors de la présentation de la situation financière du Trésor devant la commission des finances et du budget de l'Assemblée populaire nationale (APN), il n'a pas manqué de mettre en avant à son tour l''"efficacité" d'un financement non conventionnel "utilisé à bon escient" pour le rétablissement des équilibres budgétaires.

La loi de finances 2017 tablait sur près de 6.002 milliards de dinars de recettes et 7.115 milliards de dinars de dépenses, soit un déficit de 1.113 milliards de dinars, que le Trésor couvre partiellement, a précisé M. Tadinit lors de la présentation de la situation financière du Trésor devant la commission des finances et du budget de l'Assemblée populaire nationale (APN).

Il reste à couvrir 570 milliards de déficit, d'où la nécessaire modification de la loi sur la monnaie et le crédit, a-t-il ajouté.

Le directeur général du Trésor a été auditionné par la commission dans le cadre de l'examen du projet de loi complétant et modifiant l'ordonnance relative à la monnaie et au crédit qui vise à permettre à la Banque Algérie de procéder, à titre exceptionnel et durant une période de cinq années, à l'achat directement auprès du Trésor, de titres émis par celui-ci, à l'effet de participer à la couverture des besoins de financement du Trésor et du Fonds National d'Investissement (FNI), au financement de la dette publique interne et au rachat de la dette bancaire de Sonelgaz et Sonatrach.

Concernant ledit projet de loi, M. Tadinit a précisé que "le financement non conventionnel est une technique financière connue qui a fait ses preuves dans certaines circonstances". "La conjoncture actuelle nous impose d'aller vers ce type de financement", a-t-il soutenu.

S'agissant des répercussions de ce mode de financement, le même responsable a précisé "si certains experts focalisent sur la mise en exergue des inconvénients de ce financement, d'autres disent que c'est un outil qui peut être efficace si on en fait bon usage. Nous nous trouvons dans une situation qui exige son utilisation, vu que l'emprunt étranger n'est pas autorisé", explique-t-il.

Pour ce qui est des conditions qui doivent être réunies pour assurer le bon déroulement de cette opération, M. Tadinit a affirmé que "la maîtrise des dépenses publiques est la meilleure voie pour maitriser ce financement", avant de souligner que le déficit enregistré concerne le budget d'équipement et non celui de la gestion, et de ce fait, "il faut dépenser dans des projets à forte rentabilité", a-t-il préconisé.

En dépit du déficit budgétaire enregistré actuellement, le gouvernement a poursuivi ses efforts en matière d'investissement public pour le développement, en vue de maintenir le taux de croissance économique à un niveau acceptable et préserver les emplois. La mesure a toutefois entraîné l'augmentation du taux de déficit, a-t-il soutenu.

Pour couvrir ce déficit, M. Tadinit rappelle qu'un ensemble d'outils monétaires et financiers ont été employés en vue de mobiliser des ressources supplémentaires, y compris les fonds pour le paiement des intérêts de la Banque d'Algérie (BA) au profit du Trésor public (610 milliards de DA en 2015 et 919 milliards de DA en 2016) et les avances de la BA au profit du Trésor public (276 milliards de DA en 2015 et 280 milliards de DA en 2016), ainsi que les fonds recouvrés dans l'opération de l'Emprunt obligataire de la croissance économique (580 milliards de DA), outre un prêt de 105 milliards de DA, contracté auprès de la Banque africaine de développement (BAD).

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.