La Tunisie félicitée par l'ONU et appelée à s'investir d'avantage dans son combat pour l'instauration de l'égalité homme-femme

Publication: Mis à jour:
AHMED SHAHEED
GENEVA, SWITZERLAND - MARCH 16: UN special rapporteur on the human rights situation in Iran, Ahmed Shaheed speaks at UN Human Rights Council in Geneva, Switzerland, on March 16, 2015. (Photo by Fatih Erel/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
Imprimer

Un groupe d'experts du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a encouragé la Tunisie, dans une note publiée sur le site web de l'ONU, à s'investir d'avantage dans sa lutte pour l'instauration de l'égalité. Ils ont applaudi l'annulation de la circulaire de 1973 interdisant le mariage d'une tunisienne avec un non-musulman.

"La Tunisie a franchi une nouvelle étape vers la garantie constitutionnelle de l'égalité entre les sexes", ont déclaré les experts de l'ONU en réponse à la levée de l'interdiction.

Ils ont par ailleurs souligné l'injustice de cette circulaire qui interdisait aux femmes tunisiennes ce qu'elle autorisait aux hommes (en l'occurrence, se marier à une non-musulmane).

"Cette loi discriminatoire ne contredisait pas seulement la Constitution tunisienne, mais violait également la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), qui a été adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies et dont la Tunisie était signataire", ont-ils ajouté.

"La Tunisie a fait des progrès importants dans la lutte contre de la discrimination à l'égard des femmes. Avec la Constitution de 2014, elle avait établi un cadre fondé sur l'égalité des sexes. Ces réalisations sont le résultat d'un long combat d'activistes féministes et de réformes dirigées par le gouvernement" ont indiqué les experts.

La Tunisie a annulé tous les textes législatifs allant à l'encontre de la convention de la CEDAW et a également promulgué une loi globale pour lutter contre la violence à l'égard des femmes, en amendant l'article 227 bis de son code pénal qui prévoyait une possibilité pour le violeur d'échapper à une peine de prison s'il épousait sa victime.

"Nous encourageons vivement le gouvernement à maintenir cet élan positif et à s'attaquer à toutes les dispositions et pratiques discriminatoires qui interdisent aux femmes d'avoir des droits égaux à ceux des hommes. Ceux-ci incluent des questions telles que les relations familiales, le divorce et la garde des enfants, ainsi que la loi inquiétante sur les droits successoraux" ont-ils conclu on saluant ce "progrès continu" de la Tunisie.

L'appel de Béji Caid Essebsi lors de la fête de la femme à mettre en place une loi instaurant l'égalité dans l'héritage et l'annulation de la circulaire de 1973 avait fait couler beaucoup d'encre et suscité un grand nombre de réactions.

Ce groupe de l'ONU est composé de cinq expertes indépendantes. Ainsi, la Présidente-Rapporteur est Emna Aouij de la Tunisie et la Vice-Présidente Rapporteur est Eleonora Zielinska de la Pologne. Les autres membre son Kamala Chandrakirana de l'Indonésie, Alda Facio du Costa Rica et Frances Raday d'Israël/Royaume-Uni.

Ahmed Shaheed, rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction auprès du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et conseiller en politique étrangère du président des Maldives, fait également partie du groupe d'experts.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.