Expulsé du Maroc, le journaliste Saeed Kamali Dehghan publiera un reportage sur le Hirak

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SAEED KAMALI DEHGHAN
Expulsé du Maroc, le journaliste Saeed Kamali Dehghan publiera un reportage sur le Hirak | Facebook/Saeed Kamali Dehghan
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EXPULSION - Saeed Kamali Dehghan, journaliste britannique du Guardian, a été interpellé par les forces de l'ordre marocaines le 27 septembre au soir alors qu'il était en reportage à Al Hoceima auprès de figures du Hirak. Malgré son expulsion, il publiera un article sur le mouvement de contestation dans le Rif.

Initialement venu au Maroc pour couvrir le sommet Women In Africa à Marrakech lundi 25 septembre, l'envoyé spécial a profité de son passage dans le Royaume pour faire une halte dans le Rif et rencontrer quelques personnalités du mouvement contestataire qu'il a par ailleurs interviewées.

Quelques heures après son arrivée, alors qu'il discutait avec El Mortada Iamrachen, militant du Hirak qu'il avait contacté en amont, des hommes en civil l'interpellent et le conduisent au commissariat sans préciser la nature de l'arrestation, rapportent nos confrères de TelQuel. Il a ensuite été renvoyé à Londres depuis un vol de Casablanca le 28 septembre en fin de matinée.

La rédaction du Guardian a d'ailleurs publié un communiqué, relayé par le journaliste sur Twitter, dans lequel elle exprime son étonnement face à l'arrestation de ce "reporter respecté", ajoutant qu'ils enquêteront sur les circonstances de son renvoi à Londres.

saeed kamali dehghen

Contacté par le HuffPost Maroc, le journaliste britannique d'origine iranienne explique qu'il ne souhaite pas se prononcer sur ce qui lui est arrivé, mais indique cependant qu'il publiera prochainement un article dans le Guardian sur le Hirak et sur son court passage dans le Rif. "Je vais mentionner brièvement ce qu'il m'est arrivé, car je n'aime pas écrire des articles à la première personne, mais je vais surtout parler des activistes que j'ai rencontrés et du mouvement de contestation rifain", nous assure-t-il.

Dans un message de remerciement posté sur Facebook ce vendredi après-midi, il appelle d'ailleurs toute personne pouvant témoigner de ce qui se passe dans la région, notamment les familles des activistes emprisonnés, à le joindre pour un entretien.

La législation marocaine impose aux journalistes étrangers de s'enregistrer auprès des administrations pour être accrédité lors de tout déplacement professionnel au Maroc. Saeed Kamali Dehghan serait venu couvrir ces événements sans avoir formulé de demande au préalable d'après une source du gouvernement interrogée par TelQuel.

Inconnu des services marocains car c'est la première fois qu'il venait au Maroc et n'ayant pas contacté le ministère de la Communication pour être en règle, il aurait donc été renvoyé au Royaume-Uni pour cet oubli.

Mais compte tenu de la situation actuelle dans le Hirak et des relations tendues entre les médias et les autorités sur place, son expulsion pourrait être liée au reportage qu'il était venu effectuer et aux personnes qu'il est venu rencontrer. Son nom s'ajoute à la liste des nombreux journalistes étrangers couvrant ce mouvement populaire et expulsés par les autorités marocaines.

Le Comité de Protection des Journalistes (CPJ) vient de publier une déclaration dans laquelle Sherif Mansour, coordinateur Afrique et Moyen-Orient du CPJ appelle les autorités marocaines à retirer les restrictions à l'encontre de Dehghan et à autoriser tous les journalistes à faire leur travail dans la région du Rif.

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