Casablanca: L'art contemporain palestinien s'invite à L'Uzine

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PALESTINIAN ART FESTIVAL
Montage photos/Google images
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CULTURE - L’art contemporain palestinien est au rendez-vous ce week-end à Casablanca. Du 29 septembre au 1er octobre, le festival Palest’In & Out s’installe pour la première fois à L’Uzine. Organisé par l’Institut culturel franco-palestinien, ce festival est une occasion pour célébrer l’art de la nouvelle génération palestinienne, caractérisé par son originalité et sa diversité. Les jeunes artistes présentés, qui excellent dans diverses disciplines dont la photographie, l’art vidéo, les arts plastiques ou encore la musique, vont faire découvrir leurs œuvres et leurs talents, et montrer la vraie face et identité de leur pays.

Palest’In & Out a vu le jour pour la première fois en 2015, à Paris, et a pour but d’encourager les jeunes artistes palestiniens, exposer leurs travaux artistiques et récompenser cinq lauréats du Prix des jeunes créateurs contemporains palestiniens.

Mais si la première et la deuxième édition ont eu lieu dans la capitale française, celle de Casablanca n’est pas la 3e comme l’explique Maria Daïf, la directrice générale de L'Uzine, au HuffPost Maroc: "Ce festival a été créé à Paris, d'où les deux premières éditions. Celle à L'Uzine n'est pas une troisième édition. C'est une édition pour Casablanca et L'Uzine, que nous avons concoctée ensemble en fonction de notre espace, nos moyens, et notre public".

Plusieurs expositions, débats et performances musicales sont au programme de cette édition casablancaise, mais il n’y aura ni remise de prix ni concours, car ces derniers sont réservés aux éditions parisiennes. Cependant, les travaux artistiques des gagnants seront exposés à l’Uzine ce week-end.

En ce qui concerne le choix de l’Uzine comme hôte de ce festival au Maroc, Maria Daïf nous dévoile que "L'Uzine n'a pas été choisie. L'une des organisatrices (de l’édition parisienne du festival) est une connaissance de l'équipe, et donc nous avons décidé d'un commun accord d'organiser cette édition casablancaise. Nous partageons la même envie de montrer le monde arabe, dont fait partie le Maroc, autrement que dans les médias et à travers le regard et les points de vue des artistes. En l'occurrence, il s'agit ici de la Palestine et de la création contemporaine palestinienne".

LE PROGRAMME

  • Vendredi 29 septembre

Trois grands événements ont été choisis pour la journée inaugurale, dont le premier est le vernissage de l’exposition "Rebuild the bond" des lauréats et mentions spéciales en Arts Visuels du Prix Palest’In & Out de 2015 et 2016, et ceci à 18h. Cette dernière rassemble donc les travaux de 8 artistes palestiniens, dont les différents styles et les approches artistiques variées n’ont qu’un seul but: surmonter les clichés négatifs associés à la Palestine, et montrer leur patrie sous une lumière différente, loin des guerres et frontières.

Prévue pour 19h, tout de suite après le vernissage de l’exposition, une table ronde sur les arts visuels au Maroc et en Palestine abordera le thème suivant: "Créer en territoire de crise". Ce sont les trois artistes plasticiens Simohammed Fettaka, Randa Maddah et Zineb Benjelloun qui débattront de cette question, et présenteront leur point de vue.

A 20h30 se tiendra le concert "Ya 3eini 3aleko" ("Ô mes yeux sur vous"), avec Saied Silbak au piano, Akram Haddad au oud, et Mehdi El-Kindi aux percussions. Une sélection de chansons composées par Haddad et Silbak seront interprétées, et la musique transportera le public vers des terres lointaines pour leur permettre d’explorer la société palestinienne.

  • Samedi 30 septembre

Pour la deuxième journée de ce festival, trois autres événements sont programmés. A 17h, une rencontre sur la scène palestinienne underground et la culture alternative. C’est Ayed Fadel, un activiste culturel, musicien et cinéaste originaire de la ville de Haifa qui s’exprimera sur le sujet. Un débat avec le public s’ensuivra. Une bonne opportunité de poser des questions sur ce sujet, et comparer la scène palestinienne underground à celle du Maroc.

A 19h, c’est encore Ayed Fadel qui modérera une masterclass de Kamilya Jubran où elle parlera de son parcours musical. Cette compositrice et interprète, dont les parents sont palestiniens mais qui est née à Acre, en Israël, a appris le répertoire arabe classique égyptien à 4 ans, aux côtés de son père qui est luthier et professeur de musique. Un parcours fascinant qu’elle partagera avec le public marocain durant sa masterclass.

A 21h, c’est au DJ set de SAMA’ de prendre la relève. SAMA’ est la première femme à avoir importé le mouvement techno à Ramallah. Sa musique, qui est un mélange entre le dubstep, le deep house et la techno, sera mêlée à celle du jeune musicien Amazigh Youness Baami.

  • Dimanche 1er octobre

Pour cette journée de clôture, le programme commencera un peu plus tôt. A 15h30, une projection des courts-métrages qui ont été primés lors des compétitions des deux éditions précédentes de Palest’In & Out. "Paper Boat" de Mahmoud Abu Ghalwa et Amer Nasser, “Past tense continuous” de Dima Hourani, “The Pessoptimist” de Mirna Bamieh, “Observational Desire on Memory that Remains” de Noor Abu Arafeh, et “Interference” de Ameen Nayfeh seront tous projetés.

Ce n’est qu’à 16h30 que le récital de poésie contemporaine palestinienne d’Anas Alaili et Hosni Almoukhlis débutera. Accompagnés de musique, les deux jeunes réciteront leurs vers de poésie arabe, et inviteront le public à s’évader de la réalité tout en appréciant la beauté de leurs mots.

"Images et corps en résistance" est la masterclass cinéma avec Arab et Tarzan Nasser, prévue pour 18h. "Condom Lead", leur court métrage de 15 minutes, ainsi que leur film "Dégradé" seront aussi projetés à l’occasion.

Une programmation des plus intéressantes, des thématiques qui suscitent la réflexion, et beaucoup d’artistes dotés de talents divers font de ce festival un événement inratable. Gratuit et ouvert au public, Palest’In & Out est certainement l’un des meilleurs bon plans de ce week-end!

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