Sortie dans les salles de "Tunis by night". Interview avec Amira Chebli, une des actrices principales du film

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Projeté actuellement dans les salles, "Tunis by night" est le nouveau film d'Elyes Baccar, avec Raouf Ben Amor, Amel Hedhili, Amira Chebli et Helmi Dridi comme acteurs principaux. La fiction est produite par Mohamed Ali Ben Hamra. C'est le deuxième long métrage d'Elyes Baccar, après son film "Elle et lui".

Le film retrace l'histoire d'une famille écartelée par les conflits, porteuse de deux visions du monde totalement opposées. Entre le frère islamiste et la fille qui se veut libérée, un gouffre les sépare, creusé par les différents entre un père revêtant la figure de l'intellectuel et une mère conservatrice. Le film "peint avec finesse les contrastes fondés sur les rapports à la politique, à la religion, au corps et à la pensée", a affirmé Elyes Baccar sur le plateau de l'émission Klem Ennes.

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Projeté en avant première pour les journalistes et les critiques, le film est accueilli par des avis divergents, parfois totalement opposés; entre ceux qui reproche au cinéaste de surfer sur les clichés ou encore sur la thématique de la révolution et ceux qui saluent un film porteur de grandes émotions, nuancé et complexe. Le film ne laisse pas indifférent, "ce qui est considéré comme point positif notable", souligne Amira Chebli au HuffPost Tunisie. Interview.

HuffPost Tunisie: Comme décrivez-vous votre rôle dans le film?

Amira Chebli: Je joue Aziza, le rôle est complexe, composé, sombre avec des notes d'espoir, d'optimisme. Jonglant entre des registres opposés, entre la joie de vivre et la sobriété, le personnage d'Aziza est poussé à son extrême, d'où sa profondeur.

Ce film m'a permis d'user de nouveaux outils de travail, de nuancer dans ma palette de jeu, entre théâtralité et jeu cinématographique.

Quels sont vos arguments pour convaincre les Tunisiens d'aller voir le film?

Il y a deux raisons principales. La première est d'encourager l'émergence de la nouvelle génération de cinéastes. Ce film va rester environ trois semaines dans les salles, c'est important si on veut drainer la création cinématographique. La deuxième raison est que ce projet a été travaillé avec beaucoup d'amour et de passion. Il parle aux Tunisiens, il reflète la société tunisienne. Je pense qu'en regardant le film, on peut s'identifier à, au moins, un des personnages.

Comment vous percevez l'évolution du cinéma tunisien?

Je suis contente par rapport à l'évolution dynamique du secteur, à son effervescence, notamment à travers la reconnaissance internationale. Il y a une nouvelle génération qui apporte un nouvel élan.

Les moyens manquent mais pas la volonté.

Quelle est la différence justement entre cette nouvelle génération et la plus ancienne?

La différence réside d'abord dans les mécanismes de production. À titre d'exemple, le film "The last of us" d'Aladdine Slim. C'est un film fait sans moyens au départ. Le résultat; de multiples récompenses et une candidature pour les Oscars. La nouvelle génération réussit à se débrouiller à ce niveau.

L'écriture des nouveaux cinéastes est aussi différente, elle ne tourne plus autour d'obsessions et de problématiques personnelles mais tend vers l'universalité. On s'approche un peu du cinéma iranien, des films faits par des Iraniens et en langue iranienne mais qui s'adressent au-delà du public iranien.

Qu'est-ce qui manque au progrès de la création cinématographique en Tunisie?

Ce qui nous manque c'est une industrie cinématographique et une régularité. Un film ou une série par an ne suffisent pas pour faire évoluer les acteurs et les cinéastes, ces derniers ont besoin d'exercer. Un acteur avec 'suspension d'activité', ce n'est pas possible!
Il nous faut les moyens aussi car le souci des producteurs est la rentabilité.

Quels sont vos futurs projets?

Je travaille avec le Centre dramatique national de Rouen et le réalisateur français David Bobée sur une création qui s'appelle Peer Gynt. Je jouerai également, pour la première fois, mon spectacle Solo, en novembre, à Amsterdam. Ce spectacle est très intimiste, il évoque le rapport aux femmes, à la féminité et au féminisme en orient et en occident.

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